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(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

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Samedi 30 juillet 2005

En ces temps moyennement estivaux... J'ai des envies de rentrée ! Alors je songe avec une douce nostalgie à ma dernière année de fac, en me réjouissant de la prochaine. Et un article chez Brad-Pitt Deuchfalh (que je viens de rajouter dans mes liens) m'a rappelé un pan particulier de cette année...

 

Faut rappeler que j'ai débarqué à la fac il y a sept ans quand même ! Et après une petite interruption, j'y suis retournée, en attaquant un nouveau cursus. Me retrouve donc en première année, un bail plus tard. (Petite parenthèse : Olenka si je me souviens bien la première fois qu'on s'est parlé, tu m'as dit, un peu toute paniquée par cette grande fac inconnue "toi aussi c'est ta première année ?" Et ça m'a fait tout drôle de te répondre "euh non c'est ma... septième !" :-))
Et ça a pas mal changé. Euh quoi ? Moi ou eux ? Probablement un peu les deux.
Moi j'ai grandi. Enfin pas sur la toise. Je ne me rends juste plus en cours dans le même état d'esprit.
Mais les jeunes qui sont jeunes aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est pas les jeunes qu'on était hier. (oui je sais, à ce rythme là je serai très vite une vieille conne désabusée ! :-D) Certains ont un rapport au prof assez étonnant.
On entend aux infos des jeunes qui persécutent leurs profs, leur crachent à la gueule, les méprisent... Il y a sept ans, je nous sentais très, très loin de tout ça. Aujourd'hui, je sens l'embryon de cette violence. Il n'est rien arrivé de grave, ou pas encore. Juste un frisson qui me glace parfois. Je ne suis sûrement pas pour idolâtrer les profs, il y a un bon nombre d'incompétents qui ne méritent pas une grande considération. Mais peu importe, face à un prof, il y a un minimum de respect qui s'impose. Comme face à toute personne d'ailleurs, mais en plus, celle-ci est la pour nous enrichir, nous guider, nous éclairer dans un domaine qu'ils maîtrisent... Alors pourquoi d'emblée ce mépris ?! Pourquoi y voir des ennemis ? Pourquoi se sentir aggressé à la moindre directive ?... Je regarde mes collègues, perplexe...


Sauf quand ils m'inspirent un peu plus d'horreur...
On avait un tout jeune prof cette année. Peut-être mon âge. Visiblement une de ses premières expériences de prof. Pas beaucoup de charisme, faut être honnête, une voix toute faible (malgrè la petite salle de 30 étudiants), monocorde... Le physique qui va avec : frêle, pas très souriant. Et puis, ce qui achève de le décrédibiliser aux yeux de ces hyènes : des cheveux un peu trop longs, des manières un peu trop efféminées.
Je squatte le dernier rang, en compagnie d'une bande de « joyeux lurons » plutôt gerbants. Un petit gang, façon caïds des cités. Ils n'en ont visiblement rien à foutre de ce TD. D'ailleurs je ne les vois rapidement plus dans les autres cours, comme beaucoup d'autres, ils s'inscrivent en fac pour la forme, et jettent l'éponge dès le premier mois (pour les plus persévérants). Mais là, ils ont trouvé un supeeer objet d'amusement. Et l'objet évidemment c'est le petit prof, qu'ils chahutent comme une boule de flipper, qui n'a plus de contrôle sur sa direction.
Ils passent leur temps à discuter entre eux, à voix haute (bien plus portante que celle du prof). Font sonner leurs téléphones respectifs, ou passent leurs coups de fil « discrètement ». S'interpellent (oui parce qu'ils préfèrent se disperser sur 2 ou 3 rangs, c'est plus drôle). Refusent gentiment quand le prof distribue des feuilles (non merci on en veut pas). Prennent une petite voix, lorsqu'il tourne le dos pour l'appeler « monsieur s'il vous plaît ? » (effet desespérément garanti : il se retourne, demande « oui ? » pas de réponse « ah je croyais qu'on m'avait appelé ». Et les autres pouffent. Reproductible à l'infini...). Balancent des boules de papiers (Non non, pas la maternelle, la fac...). Sortent de la salle...

Bien sûr que c'est à lui de réagir, de s'imposer. Régulièrement il leur demande, la voix tremblante « messieurs, si ce cours vous intéresse, vous restez, sinon, vous pouvez absolument sortir, personne ne vous retient, la présence à ce TD n'est pas obligatoire ». Réponse immuable : « Oh non non ! On reste ! »... Evidemment que c'est une erreur de ne pas les avoir virés tout simplement. Mais il n'avait absolument pas les épaules pour affronter la constance de leur persécution. Le mot est fort, peut-être, mais ce n'était pas autre chose. Ils sont venus jusqu'au tout dernier cours, chaque semaine, le sourire aux lèvres...

J'allais à la fac un peu anxieuse, les jeudi, en me rendant à ce triste spectacle. Au fil du cours, mes nerfs se tendaient. J'essayais de faire abstraction des petits cons, vainement bien sûr. Alors je mettais toute la noirceur possible dans mon regard, et dans mes toutes discrètes protestations. Je ressortais de là survoltée.
Et en colère de ne pas réagir davantage. De ne pas manifester plus clairement mon ras-le-bol. De ne pas avoir apporté la moindre marque de soutien à ce prof en détresse.
Ils auraient tout à fait pu aller plus loin.
A quel moment j'aurais agi ?
Où commence l'insupportable ?
Est-ce que j'aurais attendu que quelqu'un dise « stop » pour dire « moi aussi » ?


Ces questions-là me font peur, parce qu'elles dépassent bien évidemment le cadre de l'anecdote...

par Céline à 18h30
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Commentaires

:-(
commentaire n° : 1 posté par : ivy (site web) le: 30/07/2005 19:03:27
alors là je crois comprendre ce que tu ressents. Je suis aussi allée à la fac et c'est vrai que pour des personnes qui aiment apprendre c'est un luxe de s'assoir et d'écouter qq nous transmettre son savoir. D'autant que les études supérieures ne sont pas obligatoires et que ceux qui y vont (en principe) devraient être un minimum motivés...Par contre je dois bien avouer (honteuse)que je papotais parfois pendant les cours et que j'ai pris mes meilleurs fous-rire à la fac aussi. Maintenant je ne pense pas avoir atteint le niveau des crétins que tu nous décrit (ouf !).
Alors tu nous demande si tu aurais du agir et à quel moment ? Franchement je crois aussi que ce prof aurait du les virer et si tu avais manifesté ton soutien (seule) tu aurais certainement rejoint le top 10 de leurs cibles. En avais-tu discuté avec des étudiants (motivés) du meme TD ? A plusieurs et en accord avce d'autres, c'est plus facile d'agir...
commentaire n° : 2 posté par : ceca le: 30/07/2005 19:27:56
Je vais pas dire grand chose... pcq... il y a ... houla !!! des siècles.... heu.... enfin bref.... on en a fait des conneries quoi !! :)
Chahuter les profs c'est pas nouveau ! Mais bon en 1969 c'était des amphis de 700 places... alors... spectacle permanent.... C'était des batiments "provisoires", construits à la hate... ils sont toujours là....
commentaire n° : 3 posté par : alainx (site web) le: 30/07/2005 20:00:39
ouh ouh ! la noirceur des yeux d'Céline !!! J'suis terrorisé rien qu'd'y penser !
commentaire n° : 4 posté par : Al le: 30/07/2005 20:10:23
Ben oui Ceca et Alain, vous inquiétez pas, je suis aussi la première à profiter des cours pas intéressants pour papotter, et "taquiner" certains profs. :-) J'aime pas m'ennuyer en cours, autant y mettre un peu de piquant ! :-)
Mais là c'était différent, y avait quelque chose de malsain. Ca n'était rien d'autre que du harcèlement moral, un début, en tous cas...
commentaire n° : 5 posté par : Céline (site web) le: 30/07/2005 20:15:45
Bonjour Céline
Vous aves très bien exposé la situation et les questions qui s'imposent
vous avez aussi les éléments de réponses
c'était du harcèlement culturel : le petit prof tel que vous le décrivez commet la faute impardonnable aux yeux de ses agresseurs de ne pas reproduire les valeurs de respectabilité virile de ces petites merdes aux cranes rasés de guerriers phalocrates. (ok vous ne l'avez pas indiqué et je le suppose, mais ils ont les idées très courtes et vous avez indiquez les cheveux pas rasés du prof...) Ils lui font payer. c'est pour cela qu'ils viennent à ce tp
et c'est exactement ce que vous avez ressenti de "malsain"
c'est très malsain : c'est du totalitarisme de base. Quand il se répend depuis la base d'une société, comme ce qui s'est passé en d'autres temps, il devient très facil à orchestrer par des manipulateurs ayant intégré les tendances des valeurs dominatrices et sectaires... comme celles que vous avez observées à l'oeuvre.
dominatrices, c'est à dire pas forcément dominante statistiquement (quoique à l'analyse celui se recoupe), mais dont l'intention est de dominer par une action efficace de soumettre un objet, un territoire une cible...
sectaire, c'ets à dire qui restraint son espace de définition et de référence à un minimum facil à contraindre de façon à éliminer toute déviation du modèle à soumettre par la domination "elle même facile à prendre comme exemple à reproduire de façon stricte et identitaire...
Bon courage à vous
car la tolérence à la peur de dominants et des dominateurs de ce genre n'a pas tendance à la baisse : bien au contraire, on est toujours plus enclin à trouver de bonnes raisons aux petits salauds de ce genre, des fois qu'ils se révèleraient parmi les fils ou le voisin de l'un ou de l'une...

Il y a parfois des gens qui se lèvent et leur disent Non

il y a aussi des procédures d'actions juridiques très simples à appliquer par le citoyen honnête au nom du respect du citoyen honnête qui lui ou elle ne méprise pas ce qui ne lui ressemble pas à l'identique biodéterminé !

Mais bon moi ce que j'en dis : de quoi je me mêle qui ne suis pas humaine ?
Griffebleue
commentaire n° : 6 posté par : griffebleue le: 31/07/2005 00:15:07
Salut céline ,
La loi de la jungle s'applique à la fac aussi à ce que je vois...C'est comme cela chez nos cousins les primates .Ce petit maigrichon ne peux pas tenir la place du mâle dominant, c'est clair .Chaque jour est une lutte féroce pour défendre son territoire .Il doit sans cesse se protéger des crocs de ses congénères . Heureusement,l'homme a crée la LOI pour freiner tout ça...pour que l'animal puisse vivre dans le monde des humains...sensés être moins cruels , en tout cas plus tolérants .
commentaire n° : 7 posté par : jacques (site web) le: 31/07/2005 10:18:38
Hello

Peut-être un embryon de réponse (mais qui n'engage que moi): depuis quelques temps, l'éducation des jeunes va dans le sens du "surtout pas d'effort" et du "tout excusable": si un jeune fait une cornerie, ce n'est jamais sa faute, mais celle de la famille, de l'école, de la société bref, toujours un élément extérieur au jeune, mais jamais le jeune lui-même. De plus, ll ne faut imposer aucune contrainte, sous peine de les perturber. Comment apprendre le sens du terme "responsabilité" avec ça? Ajoutez à ça le "non du père", et là, c'est la cata.

Pour pouvoir vivre en société, nous avons justement besoin de limites, de structures solides et surtout cohérentes. Une personne ne ressentant pas ces limites continuera ses bêtises jusqu'à ce que quelqu'un lui donne une limite (parent, prof, institution...). Mais le paradoxe est là: si quelqu'un actuellement donne une limite, il sera immédiatement considéré comme un "tortionnaire", rôle difficile à assumer.

Rien d'étonnant donc à se retrouver avec des individus déstructurés (ce qui n'excuse en rien leur comportement barbare), cherchant une limite auprès d'une autorité, qui ne s'assume pas en tant que telle.

Face à ça, que faire? Honnêtement, à part leur expliquer les yeux dans les yeux que "ça ne se fait pas", je n'en ai aucune idée...

Enfin, que ces considérations ne vous empêchent pas de passer un bon dimanche!
commentaire n° : 8 posté par : Eltharion le: 31/07/2005 15:54:33
Merci à vous 3 pour vos plus ou moins très longues réponses ! ;-)))
Vous me rassurez un peu, je craignais de n'avoir su retransmettre qu'un gentil chahut, alors que ce à quoi j'assistais était bcp plus perfide...

C'est vrai que c'est un vaste problème de société que ça, qui ne peut malheureusement pas se régler en quelques mots... C'est tous les repères de la société qui sont sur la sellette... A surveiller de près, avant qu'il soit trop tard.
commentaire n° : 9 posté par : Céline (site web) le: 31/07/2005 16:43:08
ben oui ! N'empêche que griffebleue, soutenu par M. Jak (qu'a dû se tromper d'adresse pour son site...) et M. Eltharion ne sont pas du tout d'accord !
L'un y voit une forme de ségrégation contre certains types de personnes, l'autre une décadence de notre belle société...
Peut-être qu'il y a un peu des deux ?
Mais je n'aime pas le discours autoritaire du second ! Et je ne suis pas sûr que M. le prof n'aie pas, de son côté, eu une grande responsabilité dans tout ça !
Alors, peut-être aussi qu'il y a une forme de désoeuvrement de notre belle jeunesse désabusée par les perspectives d'avenir et se complaisant dans des conduites ridicules... et pas si nouvelles que ça ?
Qu'est-ce qu'on est sérieux sur ce site !!!
commentaire n° : 10 posté par : Al le: 31/07/2005 20:08:09
Rebonsoir à vous
Hum Hum
Je ne suis pas sûre en effet que nous soyons tous et toutes d'accord dans les nuances et les différenciations : mais ce qui importe en effet est que malgré nos différences d'appréciations dues à de très probables différences de références culturelles et donc d'attribution de sens à la situation observée par Céline, nous avons toutes et tous tenté de préciser notre "alarme" à l'égard de ce mal !
Il me semble en effet qu'il y a beaucoup à la fois de tout ce que nous avons chacune chacun précisé.
J'ai moi même repris plusieurs fois des cursus universitaires : le premier dans le début des années quatrevingt, le second fin quatre vingt début qatre vingt dix, puis mi quatre vingt dix et récemment en 2002-03... et j'ai aussi pu constaté que certains phénomènes de groupes, comme phénomènes individuels et comportementaux se reproduisaient de générations en générations. J'ai aussi pu constater de nettes évolutiohns à la fois dans la soumission et dans le mépris d'autrui , une tendance entretenant le développement de l'autre.
j'ai aussi été, pour gagner ma triste vie, dans la position du prof à divers niveaux de l'enseignement : en face de certains types d'agressivités et de projections culturelles, dont le mépris agressif est une forme, il n'y a rien à faire dans certaines conditions. Je ne peux m'avancer quant à la responsabilité relative de la victime décrite par Céline : il me partait clair que de toute façon, sans soutien collectif le profil représenté par ce prof, jeune et débutant, avec très probablement quelques doutes quant à son "droit" à l'autorité et à la fermeté, à la défense de sa position, face à des individus incarnant des tendances fortement représentées dans les nouvelles générations jeunes et moins jeunes, est difficile à défendre de lui-même.
En effet, ces jeunes gens sont typiques de valeurs "fortes" ne "respectant" que la "force" : ils sont précisémebnt en demande inconsciente de réponses fermes et autoritaires.
Mais, ils n'acceptent, et leurs soutiens environnementanux n'acceptent de même, de "leçons" et de limites structurantes que de représentants "évidents", dans les apparences comme dans les intentions, de leurs propres valeurs.
Tout individu, de quelques définitions sociciale, cilturelle, biodéterminée, différents des leurs ne sera interprété que comme cible à soumettre dans le "droit" chemin et ne pourra par conséquent en aucune façon être entendu(e).
Il ne reste en effet que la LOI
Et c'est en ce sens que je disais qu'il fallait étudier et appliquer selon les circonstances les procédures légales de défense du professionnel dans sa mission de transmission des connaissances, du citoyen dans son droit à l'existence, et de la collectivité dans son droit à l'accession à la connaissance.
Plus que des limites, ce que je propose ce sont des procédures de construction d'attitudes civiles et individuelles.
Une des premières attitudes est en effet une des plus simples : commencer par dire non, en tant que citoyen élève comme prof, aux géneurs qui doivent être les premiers à quitter les lieux de leur ennuie, les occasions ne répondant pas au "manque" de leur désoeuvrement.
La vie n'est pas un jeu : peut-être faut-il avoir senti combien elle peut vite partir en fumée pour s'en alarmer !
Il y a beaucoup de joie à s'immerger, s'engager, s'investir, dans la construction de ses savoirs comme de son quotidien.
Bonne continuation à vous
Griffebleue
commentaire n° : 11 posté par : griffebleue le: 31/07/2005 23:05:41
Ah j'allais répondre à Al, mais je vois que griffebleue m'a devancée ! :-) Et au combien plus complètement ! :-)

Je ne vais pas reprendre tout ça, je voulais juste rajouter que Eltharion n'était pas, il me semble, en contradiction avec ça. C'est juste un autre aspect du problème : comment élever les enfants à venir pour leur inculquer d'autres valeurs que celles là ? Comment sont "nés" les jeunes "dominateurs"... Tout aussi intéressant.
Il y a mille sujets qui se mèlent dans ce problème, et mille approches différentes...
commentaire n° : 12 posté par : Céline le: 31/07/2005 23:20:00
Bonjour Céline
Je ne résiste pas à la tentation de vous répondre.
Je vais aussi tenter de faire bref et sans trop de fautes pour restée lisible.
Les deux questions dernières que vous posez sont liées.
Ce que je propose dans la pratique c'est de se concentrer sur la première.
Les valeurs naissent de pratiques... d'attribution de sens à des procédures, reproduites et réitérées.

Alors d'abord s'efforcer de faire les choses en fonction de leurs objectifs fonctionnels et pratiques : faire quelque chose avec quelqu'un par ce qu'il faut faire la chose.
(et non plus en fonction d'attribution de rôle en fonction d'éléments valorisés)

Pour ce faire, apprendre à observer soi et son environnement : que sais-je faire, comment et avec quoi, de quoi ai-besoin de façon réelle et que puis-je réaliser dans mon environnement, à ma portée, avec mes moyens (mes mains et mes jambes).
Puis se demander et s'observer dans sa façon de s'observer et d'observer le monde : comment ai-je regarder le monde et moi la dedans, à quelle distance puis-je voir quoi et comment, quel sens (regard, odora, toucher...) ai-je utilisé et comment les ai-je associé pour me faire l'idée de ce que je suis et de ce que je vois du monde...
Puis le faire au sujet d'autrui...
Sortir du désir mimétique qui me fait envier ce que l'autre fait ou semble pouvoir faire...
Sortir de la vanité qui me fait croire que je suis ce que je possède ou m'attribue
Etre par son regard et son faire.

Ceci permet progressivement d'oublier un des moteurs essentiel de la domination et du désir mimétique : la fainéantise, le désir de faire faire à autrui ce que l'on peut faire tout en partageant le savoir faire...

L'éducation du regard (multisensoriel et kinesthésique) dans toutes les actions quotidiennes, pratiques intellectuelles... est donc la première préoccupation.
cette éducatin passe par un apprentissage de la distance à l'objet observer et la douceur de la relation nécessaire à "l'écoute" du regard autant que de l'objet du regard.

La douceur de l'action sensorielle et motrice est donc la seconde préoccupation : elle est la plus exigeante et la plus fine car elle doit aussi se faire sans mollesse, avec tenacité et fermeté...

J'ai pratiqué cela avec des gens de diverses conditions : ça marche !

Et c'est très vite démoli.

Car cela remet en cause la principale préoccupation des valeurs culturelles dominatrices : leur FOI en l'universalité.

Elles ne supportent surtout pas de ne pas être contestées : l'affrontement les valorise et les renforces puique c'est un de leurs principes actifs dominants.

Et quand quelque chose existe de façon radicalement (à la racine) indépendante et étrangère, c'est comme si elles n'existaient plus comme SEULE possibilité d'expression et d'existence , donc pour elles ne plus être universelle, ne plus être l'univers !

Il y aurait bien sûr beaucoup plus à dire, développer et préciser pour répondre de façon plus éclairante à vos questions.

Par ailleurs je ne pense plus qu'il soit encore possible de développer cela compte tenu de ce qui se passe un peu partout...
Mais bon, moi ce que j'en dis...
bonne continuation à vous

A la prochaine
Griffebleue
commentaire n° : 13 posté par : griffebleue le: 01/08/2005 23:37:34
Bonsoir à tous,

Je souhaite apporter ma modeste contribution à cet exercice difficile que nous propose Céline, car jusqu'à présent la balance des explications n'est pas faveur des jeunes étudiants!

Aussi je pose la question : quelle légitimité avait ce prof pour être là ?
Non, non ! Vous pouvez lire la suite !

Au delà de la colère exprimée par Griffebleue ou d'une certaine compassion de Eltharion, il faut revenir à la situation décrite par Céline : il n'y a en fait dans cette histoire que deux protagonistes seulement. Un prof et un groupe.

Premier accusé : le groupe.
Le groupe n'a jamais le comportement de la moyenne des individus qui le composent. Le groupe exagère toujours, soit en étant plus amorphe, soit en étant plus dynamique et voire en étant plus violent que la moyenne de chaque individus. (voir un vieux film avec Serrault « A mort l'arbitre »)
Par quelle alchimie un groupe passe de sympathique à pénible ou à violent ?
Je ne saurait vous le dire, mais j'ai pu constater durant mon expérience de pion, soit en lycée technique de la banlieue Marseillaise ou dans un lycée militaire (ben oui) et ensuite comme formateur pour adultes, qu'il y avait des pions, profs ou formateurs qui se faisaient respecter par le groupe et d'autre qui se faisaient « bordéliser » par ce même groupe.
Et cela, quelque soit l'age ou la maturité supposée des élèves. J'ai testé de 14 à 60 ans.

Respect certes, mais pas à sens unique comme on l'entend habituellement. Le respect doit être réciproque et légitime.
Un individu a tendance à respecter des valeurs à géométrie variable :
En militaire, il respectera les galons,
En sportif, il respectera son entraîneur (coach),
en militant politique, il respectera son leader élu etc...

Deuxième accusé : le prof .
J'en viens donc à ma question initiale sur la légitimité. Si la fac lui a donné une légitimité en s'appuyant sur des diplômes qui sanctionnaient des connaissances.
Qui a testé sa capacité à transmettre ses connaissances ? Réponse : le groupe d'élève. Résultat : pas bon.

Un groupe d'élève va respecter le savoir et la compétence tant dans la matière enseignée, que dans la manière de l'enseigner.
Si la personne qui parle au tableau devant une assemblée et sûre de son savoir, de sa méthode et a préparé minutieusement son intervention, cela doit obligatoirement se sentir dans la force de la parole, dans la présence et finalement dans le charisme. Elle sera plus facilement respectée, car le groupe percevra le respect qui lui est porté.

Bien sûr, on peut employer la manière forte et dire « le chef c'est moi ». Encore faut 'il avoir les outils pour le prouver. Le militaire met au trou. Le coach interdit le récalcitrant de jeu. Autrement dit, il faut pouvoir appliquer une sanction.
Si on ne le fait pas, si on ne fait que promettre, menacer, demander : on est foutu.
C'est le cas de ce jeune prof et malheureusement pour lui, la sanction se paye comptant.

Ce problème se rencontre malheureusement dans de nombreuses entreprises ou des cadres qui ne savent pas encadrer ou coacher des équipes, stressent et dépriment ou au contraire harcèlent.

J'apporte donc sans réserve des circonstances atténuantes pour les étudiants.

Mais le mal être de Céline dans tout ça ?
Je suppose qu'elle n'était pas la seule dans ce cas, mais que faire quand on est dans un groupe ? On joue au Don Quichotte, à la défense d'un prof, ou on participe au chahut, ou on est passif ou pour montrer son désaccord on fait les gros yeux noir. C'est sans effet mais on croit se donner bonne conscience ( Céline, ce n'est pas une critique : c'est mon vécu ). Le problème c'est que généralement on passe alternativement par ces quatre phases et qu'on ne veut pas sortir du groupe.

Quand au jeunes « dominateurs », violents, fougueux, il faut savoir que notre société en est fière, quand ils sont dans un stade comme joueurs. Il faut connaître les bords de pelouses de rugby ou de foot pour voir ce que les adultes demandent à leurs progéniture, et en quel terme.
De nombreux adultes sont satisfait quand ils voient ces jeunes s'enflammer pour une cause politique ou syndicale ou humanitaire.
D'ailleurs ils instrumentalisent parfois cette fougue pour leur propres desseins.

Et il faudrait ensuite qu'à la demande, en appuyant sur un interrupteur, ils deviennent doux comme des agneaux ?
Dans les rêves de quadra, certainement.

Ouf c'est un peu long, ça pourrait être mieux dit, mais tapez pas trop fort !
commentaire n° : 14 posté par : Michel (site web) le: 02/08/2005 00:07:28
Monsieur
Tant pis, je vais taper quand même, n'ayant rien à gagner ni à perdre.
Votre remarquable exercice de style est celui que nous subissons de la part de nombre de représentants de votre culture de dominateurs virils... et de leur complices tolérants, indulgents, démagogues...
Je ne suis nullement en accord avec cette culture fière de l'agressivité de ses jeux cirques, de ses gladiateurs, de ses footballeurs... de l'apothéose de la bêtise et des têtes de glands, de bagnards et de brutes épaisses.
Quant à la défense des uns et la remise en cause des autres que vous faites elle est précisément le jeux à l'égard duquel il faut réapprendre à être ferme...

Votre méthode, suggérée, d'évaluation et de formation de qui que ce soit en position de cadre ou de prof est typiquement néolibérale, mélange paradoxale habile et mensongé de christianisme et de darwinisme pervertis et mésinterprétés.

Donc ce ne sont pas seulement les jeunes cons que je vise mais les gens "bien élevés" de votre "espèce sexocrate".
Votre société est mauvaise et sa démocratie n'en pas une mais une démagogie populiste obscurantiste.

Et vous ne savez manifestemant pas ce que c'est que d'être dans la peau de ceux qui à l'égard des projections de "valeurs" d'agresseurs, n'ont rien de respectable.

Vous ne savez manisfestement rien des mécanismes qui font le "charisme" de qui que ce soit : mais vous avec très probablement du en bénéficier, étant vous même "normalement" formaté dans la culture ambiante dominante : le politiquement correcte libérolosocialopopuliste.

Ce que vous indiquez est tout simplement la manifestation de cette loi du plus fort par le nombre, aveugle, barbare et sans respect autre que celui que ses Uniques valeurs octroient...

Sinon, vous auriez trouvé d'autres "exemples" de respectabilité que ceux que vous nous mettez en "valeurs" (militaires et sportifs)...
Votre monde est une horreur
Et je ne l'infligerai à aucune progéniture.

Bon courage Céline
Griffebleue
commentaire n° : 15 posté par : griffebleue le: 02/08/2005 11:52:27
heu... pour Griffebleue :
j'ai pas tout compris, des mots trops compliqués pour moi. Mais une précision tout de même. Je ne cautionne absolument pas les "valeurs" de bord de stade, je les constate et dénonce. On peut se fermer les yeux, mais ça existe. "Ma société" ? bof, j'ai pas cette prétention. Et ultime précision, pas de crainte pour ma progéniture je ne suis pas dans ce que je dénonce. Désolé Céline d'avoir ouvert un terrain de guerre sur ce blog. Je repasserais mais pour lire seulement. bon courage
commentaire n° : 16 posté par : Michel (site web) le: 02/08/2005 18:58:19
Salut à vous 2 ! :-)
je suis désolée, ces derniers jours je n'ai pas eu bcp de tps pour venir participer à ce débat ! Mais je suis contente que vous l'ayez lancé, ne vous excusez plus, moi ça m'a intéressé ! :-D
Mon cursus de psycho me fait me focaliser sur l'individu, ou le petit groupe, mais c'est très intéressant d'ouvrir ce problème au fonctionnement de la société, et il y a plein de choses passionnantes dans ce que vous écrivez... Je n'y reviens pas parce que toujours pas trop de temps, mais merci à vous 2 ! ;-)
Et revenez quand vous voulez, ne vous retenez surtout pas... Evitez juste de laisser du sang sur les murs en partant !!! :-D
(Griffebleue m'a tuer...)
commentaire n° : 17 posté par : Céline (site web) le: 04/08/2005 12:30:59
Moi, c'est au lycée que j'ai connu ça. En Terminale, j'avais une prof de philo toute timide (et pourtant pas nouvelle dans le métier) et les cours ressemblaient beaucoup à ta description : provocations, blagues douteuses, bavardages bien audibles... Les élèves s'amusaient aussi à imiter les animaux de la ferme, histoire de couvrir la voix de la prof, qui essayait vainement de reprendre le contrôle de la situation avant de battre en retraite. Je crois même qu'elle a failli en pleurer, la pauvre.
Comme toi, je m'en voulais aussi de ne pas intervenir. Je me mettais au premier rang, je prenais consciencieusement des notes, mais pas une fois je ne me suis retournée pour dire à ces guignols de se la mettre en veilleuse. :/ Faut dire que je manquais de franchise à l'époque (j'étais plus du style de la prof de philo...). Maintenant, je pense (j'espère !) que ce serait différent.
commentaire n° : 18 posté par : Miranda (site web) le: 04/08/2005 13:23:08
Dis donc Céline
Je commençais à me demander où tu restais
Ouf, je vois que tu es là...
Bises à toi
commentaire n° : 19 posté par : Coumarine (site web) le: 07/08/2005 18:17:58
oui je comprends ce que tu veux dire... comment ne pas avoir envie de réagir... mais en même temps comment ne pas avoir peur des conséquences post-réactions :-/
commentaire n° : 20 posté par : Veka (site web) le: 08/08/2005 16:16:20

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