Triste pape cathodique

Publié le par Céline à 22h34

 

A peu de chose près, le pape est mort. C'est pas que je sois bouleversée, je n'ai d'une catholique que le baptême, et un an de cathé (j'étais amoureuse d'un garçon qui allait ds le même groupe, ceci explique cela ! :-)), je ne crois en rien d'autre qu'en l'Homme (et c'est déjà beaucoup !). D'ailleurs je suis assez allergique à tout ce qui est religion. Mais pas hostile à la foi pour autant... Bref c'est un autre débat !
Mais l'agonie du pape m'évoque deux réflexions :


  • J'ai 25 ans, je n'ai donc connu que ce pape. Dans mon esprit, et plus encore dans celui des plus jeunes, l'Eglise est dirigée par le pape, c'est à dire Jean-Paul II, et les images que j'en ai, ce sont celles d'un homme vieux, usé, faible, manipulé, bavant, tremblant, assis, ou au mieux rattrapé de justesse, aux paroles incompréhensibles (Dieu que mon parrain l'imite bien !), à l'air hagard... Objectivement on pourrait appeler ça une loque. (Sans animosité aucune) Comment cette image peut-elle être crédible ? Comment peut-on croire cet homme capable de chapeauter autant de monde ? De se tenir au courant de ce qu'il se passe dans le monde ?

    C'est incroyable ces jours-ci, on voit des images du pape DEBOUT, on le voit même descendre des marches ! On a du mal à concevoir qu'il ait été valide un jour. Alors pour ceux qui l'ont connu ainsi, actif, capable, peut-être que ces images incarnent le combat de cet homme pour achever sa mission.

    Mais pour nous, c'est juste la fin d'une agonie, ridiculement prolongée. Indécence pure.

    Peut-être enfin le moment de dépoussiérer la vieille Eglise...


Ca c'est du direct, pendant que je vous écris ça, le pape est mort ! Zut j'espère que je n'y suis pour rien ! Le paragraphe précédent traitait du chef de l'Eglise. Mais en tant qu'Homme (lui, pas moi !) je ne suis pas pour autant indifférente à sa mort...
(2ème réflexion)


  • Un Homme meurt, après avoir «agonisé» pendant deux jours. Je trouve ça beau. Dans la mesure où il a du avoir tout ce qu'il faut pour éviter la douleur. Dans la mesure où il a bien l'âge de ces choses là, et où sa maladie devenait un trop lourd fardeau. Non ce que je trouve superbe c'est d'avoir le temps de mourir. Le temps de se dire que le temps est venu. Le temps de se dire qu'on a eu une belle vie finalement. Donner les dernières consignes, distribuer ses derniers messages aux gens qu'on aime. Avoir conscience du poids de ces mots, ces derniers mots. Jouer un peu avec la mort, non non non, tu ne m'auras pas comme ça, il faut encore que je vois untel. Et puis, il doit y avoir un moment où on « décide » que le jeu est fini. On jette un dernier coup d'oeil, et on ferme les paupières... Et on écoute le monde s'éloigner...

    C'est comme ça que j'aimerais mourir.

Publié dans celinextenso

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L
Bien dit! Je voulais ajouter un trackback mais ca n'a pas marché, alors je le fais ici:<br /> http://jiel.b.free.fr/blog/index.php?2005/04/06/1-first-post
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C
J'adore ton dernier paragraphe sur l'approche du moment de la mort, c'est exactement ce que j'espère "vivre": la sentir venir, lui chiper encore un peu de vie, et, finalement, après avoir dévoré des yeux nos amours, après leur avoir tout dit, la regarder en face et l'accepter. J'ai très peur de mourir brutalement sans avoir pu dire je t'aime encore une fois... pourtant c'est ce qu'ion appelle une belle mort!!<br /> C'est vrai, le Pape a eu cette "chance".
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