Vendredi 18 mars 5 18 /03 /Mars 00:00
Vous le savez je crois (!) je fuis mes congénères à 4 roues !
Quand j'ai repris la fac en septembre, ma hantise était d'en retrouver un petit troupeau. Ah, un spécimen en vue... Ouf, un seul. Une seule pour être exacte. Et puis, pas du genre « spécimen » que je fuis, non, pas la mentalité fermée, à part, plutôt sympa. On ne devient pas ultra proches sous pretexte qu'on est « pareil », mais la situation fait qu'on se croise assez souvent, donc on échange quelques mots, quelques questions... J'apprends que si elle ne m'a pas fait fuir comme souvent les handis, c'est qu'elle ne l'est pas depuis longtemps. Il y a un an ou deux seulement qu'on lui a diagnostiqué une sclérose en plaques. Elle est donc en fauteuil, mais garde bon espoir de récupérer et de marcher bientôt. Le temps passe, et puis un soir de février, je la rencontre à un spectacle. Debout ! Génialissime expérience de découvrir quelqu'un sous un autre angle comme ça ! Et puis superbe surprise de voir que son combat l'a remis sur ses pieds ! Les jours passent et une seule béquille devient nécessaire. Je m'émerveille chaque fois que je la re-découvre debout !
Le deuxième semestre s'entame, nos emplois du temps sont différents, on se croise moins. M'enfin quand même, là je trouve que ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue, 2 ou 3 semaines... Alors aujourd'hui je me décide à prendre de ses nouvelles par une de ses amies... Et voilà, la belle Elise nouvellement bipède vient se prendre une nouvelle crise dans la gueule, elle a perdu la vue, traitement de choc de cortisone et y a plus qu'à attendre, et croiser les doigts pour que la vie, le hasard, son corps, le destin, la maladie (ou je ne sais qui) décide si elle aura le droit de récupérer ce qui lui a été fauché...

Une fois de plus, la maladie décide où, quand, quoi, comment.

Je ne comprends pas trop quand on me dit « ça fait du bien d'être à ton contact, ça nous fait relativiser nos petits bobos, profiter de la chance qu'on a ». Mais finalement c'est la même chose qui se produit pour moi, là. D'un côté la rage pour elle de se faire démolir son château de cartes dès qu'il commence à reprendre de l'ampleur. Et puis la chance que j'ai de savoir que (sauf accident, qui peut savoir ?!) la semaine prochaine, les mois prochains, je sais à peu près à quoi m'en tenir. Je peux envisager mes exams sans stress (enfin sans stress supplémentaire !), je peux prévoir mes vacances d' été sans me demander si d'ici là je serais alitée, sous respirateur, si je verrais les paysages, si je pourrais me baigner, si je serais trop shootée par les traitements...
On a souvent l'impression de se laisser diriger par la vie, par des contraintes, de ne pas savoir de quoi demain sera fait...
Mais là on relativise... Alors on en profite et on va s'atteler à plein de projets aussi fous les uns que les autres !




Je crois qu'il est con ce post. Et surtout que j'y ai pas dit ce que je voulais dire.
Par Céline
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