Espace blabla



(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

Bienvenue chez moi, faites comme chez vous !


* * * Pour toi public, l'espace incontournable : mode d'emploi, fiche signalétique, point de vue imprenable, table d'orientation, et on vous offre même un verre de bienvenue, ça se passe là :  


Jeudi 3 février 2005
Samedi dernier, en sortant de mon exam d'arabe (étonnamment facile, incroyable !) j'étais en vacances à 100% ! Youhou ! Retour chez moi en 4ème vitesse, il y a du soleil mais quel froid ! D'ailleurs ça tombe bien qu'il fasse beau, parce que, le temps de sauter dans ma robe, et je file au mariage de Salwa ! Direction Epinal, dans une ambiance plus que guillerette !...
Jusqu'à ce putain de panneau... Je ne l'avais pas vu venir... Je n'avais pas reconnu la route, cette route que j'avais prise tous les jours pendant 7 ans et que j'avais voulu oublier.
"Flavigny sur Moselle"
Et là l'humeur se prend une torgnole en une fraction de seconde. Je ne vois plus le soleil et le froid me fait frissonner. Pourquoi les souvenirs nous assaillent toujours quand il se trouve un bon moment ? Puisque ce souvenir me glace encore les sangs, je me suis promis de vous en parler. Puisque 7 ans plus tard je peux un peu en parler.

Alors voilà, au flanc de la colline, il y a Flavigny sur Moselle. Petit village paumé, qui aurait pu être charmant s'il n'avait pas hébergé le centre pour handicapés ou j'ai passé mes années collège et lycée.

Avant, tout s'était déroulé à merveille ! La maternelle du quartier était accessible et m'a accueillie sans soucis. Pour l'école primaire il a fallu quelques démarches à mes parents, et j'ai pu passer de belles années en classe avec mes copines de quartier ! Rien à en dire, enfin si, que des belles choses, des superbes souvenirs, des copains et copines extras, et moi dans tout ça "comme si de rien n'était" ! Le handicap ? Bah : un détail, on adapte nos jeux (je jouerais même à l'élastique, je me demande encore comment aujourd'hui ! :-)), et on y pense même pas !

Mais voilà, à 11 ans il faut bien quitter l'école et passer un grade, direction collège !... Oui sauf que le collège du coin n'est pas du tout accessible, et n'envisage pas de l'être avant plusieurs années. Mes parents font le tour des collèges de la petite ville, aucun ne l'est. Il y en aurait peut-être un qu'on pourrait faire changer d'avis et adapter, mais c'est pas gagné. Ils étudient d'autres solutions, comme Flavigny : c'est un établissement qui dépend de l'éducation nationale, donc enseignement normal, mais avec le côté pratique du tout adapté (hum), du personnel dispo pour nous aider (hum-hum), et les séances de kiné casées dans la journée. Ils voient le côté pratique, pendant que moi, peu m'importe où j'atterrirais : je sais ne serais pas avec mes copines, et du haut de mes 11 ans c'est la pire chose qui pouvait m'arriver, alors après, ici ou ailleurs, rien ne me tente... Même si cette solution ne me tente particulièrement pas !

Alors voilà... Direction Flavigny... "Et là, c'est le drame", conclurait tout bon reportage sensationnel. Alors que j'avais appris pendant 11 ans que j'étais "comme tout le monde" je me retrouve noyée dans une masse d'individus programmés à être "différents", "anormaux", qui ont toujours appris à se comporter comme tels, et qui me signifient très clairement que je n'ai pas à faire ma mijaurée, je suis "des leurs"... Seulement y a rien à faire, NON je ne suis pas comme eux ! Moi j'ai une vie, ou en tous cas j'en avais une ! Une vraie, une chouette, une belle ! Je me fous de connaître leur ersatz d'existence, tout ce que je sais c'est que ça ne me ressemble pas ! Surtout lutter. Ne PAS leur ressembler. Ne pas me laisser assimiler à ces choses boîtantes, titubantes, roulantes, bavantes, criantes, bêtifiantes, collantes, effrayantes... Aïe ça y est je vais passer pour une fille super intolérante et même carrément méchante ! Mais je crois vraiment être réaliste. Aujourd'hui je ne leur en veux pas d'être comme ça, ils m'inspirent surtout de la pitié, parce que je me rends bien compte de l'influence de leur milieu, (pour la plupart) qui les a poussés à se comporter comme ça. Ils ont été l'enfant différent, l'enfant à part, pesant, gênant, qu'on a "placé", qu'on cache en l'isolant, ou bien trop fragile, qu'on met sous cloche, à l'abri du monde réel, qu'on laisse vivre dans des chimères... Et tout le milieu médical s'accorde à les maintenir dans ce rôle d'êtres de second rang, les infantilise, les humilie, et abuse de leur faiblesse dès que possible. Non pas "tout le milieu médical" évidemment, il y a des résistants, bien heureusement. Mais peu nombreux, et le consensus autour d'eux est tellement fort que souvent ils se laissent subvertir.
Tout ce monde qui voudrait bien m'engloutir, me fondre dans leur moule tellement pratique, pré-programmé... Et moi haute comme une petite pomme de 11 ans, discrète et un peu paumée, je sens bien que ça ne me va pas tout ça, mais je n'ai absolument pas la force de me révolter et ruer dans les brancards... Je regrette un peu aujourd'hui de ne pas avoir tout explosé, de ne pas avoir envoyé chier toutes ces charognes. Mais l'essentiel c'est que mon esprit est resté intact. Pendant 7 ans j'ai été la petite fille sage, polie et pas dérangeante qu'ils attendaient. En surface au moins. Je me suis mise "en veille". J'ai attendu. Attendu 7 longues années que me vie reprenne.
"7 ans de malheur"... Sûrement un sacré miroir que j'ai cassé !... 7 années de plat, de vide, de surface, de rage contenue, d'envie d'exploser, mais de résignation. L'attente, c'est vraiment l'image qu'il m'en reste. Je me vois dans les couloirs bleu pâle décrépis, seule pour fuir la mauvaise compagnie, en attendant la prochaine heure de cours, la fin de la journée, la fin de l'année. L'attente qu'une personne daigne s'occuper de moi. Attendre qu'elle ait fini de se lamenter qu'elle n'a pas que ça à faire. Attendre qu'elle se taise, par pitié. Aux toilettes (pendant la période "délicate" du mois :-)), les entendre meugler à qui le voudra "Ohhhhhh mais on égorge le cochon iciiiiiii" "Aaaaah tu fais la petite Céline ?!" lui répondra (hurlera) sa collègue... Elle se tait la petite Céline et ça vaut mieux pour vous. Une autre image qui me reste, c'est les repas au réfectoire. Le moment de la plus grosse concentration d'handi sur un périmètre réduit... Les uns bavant, les autres criant, d'autres encore qui s'en mettent partout et se marrent... Souvent dans ces moments je sentais le temps s'arrêter, je m'éclipsais "mentalement" de cette atmosphère, et je voyais la scène comme de l'extérieur avec une petite voix qui me berçait "je ne suis pas comme eux... je ne suis pas comme eux...".
Je m'estime heureuse, je n'étais pas pensionnaire, je quittais ce milieu tous les soirs. Je n'ai pas eu à subir les nuits à l'internat, les sonnettes qu'on presse frénétiquement en attendant que la veilleuse ait fini son café, les douches où l'on nous laisse grelotter le temps d'aller raconter la dernière à la collègue, les soirées trop longues... (Bon vous l'aurez compris, je l'ai vécu quelques nuits ponctuelles !) Mais ceux qui ont enduré ça au quotidien, brrr c'est inconcevable ! Ce mépris, cette condescendance qu'on nous envoie.... Quand ce n'est pas du pur sadisme, comme cette veilleuse qui débranchait purement et simplement les sonnettes des plus lourdement paralysés, qui avaient besoin d'être bougés trop souvent dans la nuit... (et là question attente...) Ou encore cette aide-soignante, qui devait être la secrétaire d'Alex, un collègue de ma classe assez timoré, pour le bac blanc, et qui n'a pas arrêté de faire des aller-retours pour aller partager le café avec les copines, pendant qu'Alex "réfléchissait". Quand je lui ai fait remarquer, par la suite (oui je commençais à moins m'écraser, c'était la fin ! ;-)), elle a eu l'air amusé, puis m'a dit dans une infecte moue de mépris "Oh pfff tu sais Alex hein !..." "Mais non, quoi "Alex" ???" (bon c'était pas une lumière notre Alex mais laissons-lui une chance, merde) "Ben le bac, Alex, tu sais... !!!" Une fois de plus je n'ai rien répondu mais vu ma tête, elle a très bien compris le message... Mais c'est moi qui aurais adoré voir sa tête quand elle a appris qu'Alex a décroché son bac du premier coup... L'imaginer me suffit, quel bonheur !

Hé bien voilà, on arrive au bac... Parce que moi aussi je l'ai eu hein ! ;-)
Et là, le bonheur total ! Encore 2 mois et je vais à la fac, j'attaque ma nouvelle vie. Tout à construire. Oui vraiment tout. Parce que dans ces conditions là, entre 11 et 18 ans, l'adolescence, le moment ou tout est remodelé, où on doit forger notre caractère, s'éloigner de ses parents pour se rapprocher de ses pairs, vivre toutes sortes d'expériences... Hé bien je ne sais pas trop ce que j'ai pu construire à ce moment là. Rien de bien solide. Heureusement que j'avais fais le plein avant... Et je me suis rattrapée après ! :-D Il m'a fallu un temps d'adaptation, bien sûr, ou plutôt de réadaptation. Je ne savais pas à quoi ça ressemblait un jeune de mon âge. Comment ça s'aborde ? Comment ça marche ? Bon je crois que j'ai vite réappris ! :-) Ouf, alors je ne m'étais pas trompée, c'était bien "mon monde" que je retrouvais... Je n'ai pas perdu mon identité...

Alors voilà. Pendant quelques années, j'ai fermé solidement la porte de ce placard, indispensable pour attaquer MA vie. J'ai tout oublié, volontairement. Et puis au fil du temps les images, les visages, les noms, sont remontés à la surface, petit à petit, par surprise...

Aujourd'hui, 7 ans sont à nouveau passés. Il m'a bien fallu ça. J'ai 25 ans, et si le constat de ma vie n'est peut-être pas celui que j'avais imaginé, je suis plutôt soulagée de voir où j'en suis arrivée. J'ai retrouvé une vie. Ma vie, mes amis, mon chez-moi, mes projets, ma personnalité...
La "honte" inexpliquée de cette période de ma vie, s'efface de plus en plus devant la fierté de m'en être si "bien" sortie...

J'l'aime ma vie, on ne me la volera plus ! :-)


Merci de m'avoir lue jusqu'ici ! ;-)
par Céline
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Commentaires

Le blog du Blob, nouveau venu ému par votre histoire, se présente, vous salue et vous invite à faire un tour.
commentaire n° : 1 posté par : Le Blob le: 11/06/2005 19:33:42
tu es une sacrée petite bonne femme toi, hein!
Ecoute, et j'espère que tu me crois: tu écris TRES bien...de manière prenante, au style soutenu...je t'encourage à écrire, et à participer à des concours de nouvelles.
Je peux t'en parler si tu veux...
commentaire n° : 2 posté par : Coumarine le: 11/06/2005 19:34:05
Coumarine a raison tu écris bien et je te lis avec intêret. De plus je te remercie de ton témoignage. J'aime découvrir ton monde car tu y fais passer un flux particulier. A une prochaine fois :-)
commentaire n° : 3 posté par : Jean-Jacques le: 11/06/2005 19:34:24
Je l'avoue : c'est un peu dépité que je laisse ce commentaire... En effet, saisi par diverses émotions et pensées, j'ai trouvé important de les exprimer ainsi. J'ai d'abord été touché par ta façon d'écrire que, si je devais décrire, je qualifirai d'élégante et efficace : mon imagination a été conduite insensiblement, sans effort, à vivre ce que tu décrits. J'ai rapidement parcouru certaines de tes autres pages pour constater que tu écris toujours avec autant de saveur ; et, du coup, j'ai eu la chance de faire un peu ta connaissance, par l'intérieur.

J'ai vu ce commentaire, à propos de tes pensées sur les vides-ordures, qui disais à peu près ça : "De l'art de brasser du vide pour meubler son blog." À mes yeux, on dirait les paroles d'un gars qui considère les autres comme des robots-acteurs dans sa vie ; ce qu'il appelle du vide, moi j'y voit ta pensée intime qui dévoile un peu qui tu es, au fond. Et j'aime découvrir la profondeur des gens qui en ont une :)

Ce qui m'a touché aussi, dans ce message que je commente, c'est sa valeur de témoignage. Je le savais déjà : les personnnes handicapées sont comme tout le monde, il faut les intégrer, rendre les écoles accessibles, etc... Tout ça, je le savais : je l'avais entendu à la radio... Mais c'est en te lisant que je l'ai réellement compris.

Voilà ce que je voulais te dire... Évidemment, j'aurais du m'y attendre : tout ça a déjà été dit. Tant pis, je ne serai pas le premier ^^ Bravo quand-même :)
commentaire n° : 4 posté par : Eric le: 11/06/2005 19:34:58
Merci Blob, à bientôt !
Coum : tu as reçu mon mail ?
Jean-Jacques : tiens, te revoilà chez moi, merci de ta visite et du compliment, vraiment !

Eric : (ben oui, plus longuement pour Eric, parce qu'il faut bien que je chouchoute mes nouveaux lecteurs si je veux qu'ils reviennent ! Et puis de toutes façons les réflexions qui suivent valent pour tous...)
Mille merci (voire même plus) pour ton petit mot, premier ou pas peu importe ! Ce genre de compliments me touchent toujours autant, et surtout m'étonnent énormément... J'ai débuté ce blog par simple envie d'écrire je crois. Et je suis toujours épatée de voir que mes mots ne font pas que s'étaler pour mon propre plaisir, mais qu'ils sont aussi lus, suivis, appréciés, pour la forme et pour le fond... Chaque compliment est une découverte pour moi (sans fausse modestie croyez moi !), chouette découverte je vous le concède ! :-)
En même temps ça me fout la pression, j'ai plus le droit d'écrire trop niaisement ! :-p Je vais essayer de faire quelque chose de ça...
Merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci (...) à vous tous qui me lisez... (Pensez aux critiques aussi de temps en temps, ça fera plus réel !!!! :-p)
commentaire n° : 5 posté par : Céline le: 11/06/2005 19:35:20
Voilà: je lis ton blog et cela me conforte dans la voie silencieuse qu'a pris le mien. Que pourrais-je dire, écrire, raconter de plus intéressant ou de plus fort ?
Merci de ton passage sur kronix, d'autant plus ineluctablement muet que j'ai oublié mon code d'accès, depuis le temps. Et merci surtout pour tes textes.
Permets-moi de te faire une bise. A plus.
commentaire n° : 6 posté par : Léo le: 11/06/2005 19:35:48
Oui Céline, j'ai reçu ton mail...mais je t'y répondrai avec un peu plus de temps...dac?
commentaire n° : 7 posté par : christine le: 11/06/2005 19:36:10
J'aime beaucoup ton style... Sincerement... Ce que tu ecris me touche veritablement. Cette envie de difference, ce besoin de ne pas etre comme les autres... J'ai fait l'inverse quand j'avais cet age là. Mes rondeurs, mon poids superflu, ce n'etait pas facile d'etre une ado ronde. Je devais faire comme les autres pour etre accepté...

Mais l'ai je reelement été?
La question se pose toujours...

A bientot...
commentaire n° : 8 posté par : Lety le: 11/06/2005 19:36:32
(Coum : bien sûr, y a rien qui presse !)

Lety, chère voisine nancéenne ! :-)
C'est finalement le même mouvement qui nous a animées : se tirer vers les autres, les "normaux". Sauf que moi c'était en fuyant les anormaux, et toi en te conformant aux normaux... Pas si différent que ça, si ? Juste une question de milieu, circonstances...
A bientôt !
commentaire n° : 9 posté par : Céline le: 11/06/2005 19:36:59
Bonjour à toi qui est venu visiter mon site et me laisser un petit commentaire plein d'humour (non le fait que gizmo parle de lui à la troisième personne n'est pas une séquelle de son handicap...juste une manière de dissimuler -un peu- son identité réelle) en retour, je visite le tien pour me rendre compte que vraissemblablement nous avons des points communs à commencer par l'endroit où tu a passé tes 7 ans de malheur...j'ai eu la chance grâce à mes parents d'en sortir très vite (peut être ont ils compris que cet endroit n'était pas aussi adapté qu'on vroudrait le faire croire au personnes handicapées)...pour être confronté au monde des gens réputés "normaux"...(pas forcément plus facile par le passé face aux personnes handicapées) parce que, moi non plus, malgré tout je n'étais pas comme eux. Comme toi pourtant cet endroit à laissé dans ma mémoire des souvenirs indélébiles, et pas que des bons, que j'ai bien tenté d'oublier mais qui un jour ont refait surface...le passé est ce qu'il est je ne le referai pas (pourrais je faire mieux de toute façon ? sommes nous maîtres de notre destin quand celui ci est déjà faussé ?) pourtant comme toi, je l'aime aussi ma vie (pas tous les jours mais je fais avec) le handicap me l'a compliquée mais me la rendue plus profonde et intéressante que celle de bien d'autres personnes...je t'envoie par ce petit mot toute mon amitié et conforte les commentaires ici lus, bravo pour ton talent et ton style et qui sait...peut être à un de ces jours ? puisqu'il semblerait que nous ne soyons géographiquement pas si éloignés...PS : le post 1/2/3 m'a rappelé également bien des souvenirs cet odeur est inoubliable je confirmes pour l'avoir respirée à très haute dose entre 0 et 15/16 ans !!!!

commentaire n° : 10 posté par : gizmo54 le: 11/06/2005 19:37:45
voila enfin un blog qui parle de l erea
de cette "prison" pour handicapes
ou j ai ete interne 6 annees
commentaire n° : 11 posté par : noname le: 25/02/2006 23:32:39

Merci de ton petit mot "noname" :-)

Ca fait du bien de te lire, en général on m'écrit plutot pour me dire que je suis dure, que j'exagère, que certains y ont été heureux...

Mais je sais bien que je suis pas la seule à l'avoir vécu ainsi... Merci donc.

réponse de : Céline (site web) le: 26/02/2006 19:34:14
Je connais parfaitement Flavigny, mais heureusement pour mon fiston en consultations externes et le pire vu l'age du gamin j'ai du le frequenter à la meme epoque que toi,je me suis revoltée à de nombreuses reprises car on fe faisait deshabiller mon fils pour les moulages aupres de gamins de 15 ou 16 ans en culotte petit bateau ,je ralais je tempetais:"mais bonté ,ils ont droit à leur intimité",on me disait ça n'a pas d'importance:ils ne comprennent pas mais moi si et moi j'estime que ce sont des etres humains avec les memes pudeurs,les memes droits que moi,si on faisait un truc special à mon fiston et qu'un gamin du centre venait me parler ,on m'engueulait,il faut les laisser tranquille .Pour de tres grands handicapés tres amochés dirons nous ,aucune pudeur etalage de leurs miseres devant le tout venant,comme tu dis les gamins lourdement handicapés mentaux stockes dans un coin en attendant qu'on vienne les rechercher

j'ai tellement ralé que lorsque j'y allais(2 fois par an) je passais en priorité au bout de quelques coups de gueule
commentaire n° : 12 posté par : becassine (site web) le: 12/03/2006 17:03:18

Navrée que tu aies eu à subir ça... Et ton fiston.

On a pas dû se croiser "de près", moi j'étais à l'EREA (en haut), qui est l'établissement scolaire de l'éducation nationale, donc qui concerne le handicap physique seulement (bon avec quelques largesses parfois....). Mais le connais aussi le reste du centre, là ou tu allais probablement. J'y descendais assez rarement heureusement, à l'occasion d'une radio ou d'un dentiste... L'atmosphère est encore plus étouffante là bas...

réponse de : Céline (site web) le: 12/03/2006 22:56:18
ouais une usine,vrai de vrai avec les soignants,les prothesistes et autres bottiers qui faisaient des blagues immondes sur le "bétail" vrai je l'ai entendu et j'ai ralé en leur disant que  grace au"bétail" ils etaient payés grassement,enfin le moyen age des soins pour handi et toute la psychologie qui va avec,
commentaire n° : 13 posté par : becassine (site web) le: 12/03/2006 23:46:17
tant qu'ils n'attrappent pas leur bétail au lasso, tout va bien... ;-)
réponse de : Céline (site web) le: 13/03/2006 21:23:23
Ouf, tu t'es échappée !
C'est pas drole d'avoir vécu cette scolarité, les personnes handicapée doivent être mélangée au autres.
J'espère que les lycées sont tous accessibles aujourd'hui.

Bisous

Isa
commentaire n° : 14 posté par : Isa le: 24/07/2006 19:22:06
Oui, échappée de ce drôle de zoo...

Je pense au moins que dans chaque ville, il y a un lycée accessible...
réponse de : Céline (site web) le: 24/07/2006 22:09:54
tout a fait comme le centre ou j'ai décrépi pendant plus d'un an...lerci céline pour cet article qui reflete la réalité
commentaire n° : 15 posté par : ioana (site web) le: 31/08/2006 10:01:32
Ah t'y as eu droit aussi ?... :-/
réponse de : Céline (site web) le: 31/08/2006 22:16:05
oui céline et c'est tout a ait le meme genre... pas simple...bisous doux: passe une bonne soirée
commentaire n° : 16 posté par : ioana (site web) le: 31/08/2006 22:17:22
Allez, on les brûle ?! ;-)
(Réponds pas, c'est pas une vraie question hein, je te vois venir ! :-D)
réponse de : Céline (site web) le: 31/08/2006 22:28:12
J'ai longtemps réfléchi dans l'espoir de trouver quelque chose d'intelligent à dire, mais non, ça va pas être possible, je reste sans voix devant ça. Je suis révolté, dégouté, et tellement déçu par ce beau pays, où tout va bien pour toi tant que tu n'es ni gros, ni black, ni beur, ni petit, ni handi, ni chômeur...

Mais je m'égare...

J'aimerais ouvrir ma fenêtre et gueuler, prendre certains grincheux par le col et les forcer à lire ça, les forcer à lire ce qu'écrit Ioana aussi, leur faire comprendre que quand il n'y a plus d'agraffes dans la photocopieuse, c'est pas la fin du monde, et que pendant qu'ils attendent que leur café ait fini de couler, il y a des gens qu'on néglige et qu'on brime, et que ça aurait pu être eux...

Et ça aurait pu être moi, et ça pourrait être tout le monde. Toujours la même chose, hein. Certains font un distingo entre handicapé et personne. Il y a les personnes d'un côté, les choses boîtantes, titubantes, roulantes, bavantes, criantes, bêtifiantes, collantes, effrayantes de l'autre...

Tous ces mots me semblent tellement vain... alors que je voudrais juste essayer de communiquer la tristesse et la colère qui se sont emparées de moi quand j'ai lu ce texte...

Je t'embrasse Céline

Bisou(s)
commentaire n° : 17 posté par : Sammy (site web) le: 10/12/2006 17:03:28
Des agraffes dans la photocopieuse ? Ah c'est de la photocopieuse haut de gamme ça déjà...

Mais non Samy, ils sont très bien ces mots, et moi aussi je t'embrasse, ça suffit... :-)
réponse de : Céline (site web) le: 11/12/2006 21:15:50
Je suis complètement effrayée par ce post... J'ai une amie qui est à Flavigny... Elle est handicapée moteur et ne peux pas non plus parler, mais pas handicapée mentale...
Et jusqu'à présent je n'avais jamais eu d'échos de ce genre, je penseais que Flavigny était plutôt bien... Alors je ne sais pas si elle le vit mieux, ou si c'est juste moi qui n'ait pas été à l'écoute, ou si ses parents ne s'en rendent pas compte non plus...
Ca m'effraie de m'imaginer la vie là haut, et plus que ça, ça m'horrifie de me dire que personne n'y fait rien... Drole de monde dans lequel nous vivons....
commentaire n° : 18 posté par : Florence le: 26/06/2007 23:29:05
Je ne sais pas quoi lui souhaiter...
De ne pas se rendre compte, c'est tellement plus vivable...
Mais de toujours se rendre compte, pour rester vivante...

A moins qu'elle ne soit mieux tombée que moi, si seulement !
réponse de : Céline (site web) le: 02/07/2007 23:56:01

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