Il y a quelques années, je prenais le train pour Paris (bon, ça c'est le détail inutile). Trois heures de route. Je dois bien dire que c'est un petit bonheur pour moi le train, je crois que je ne pourrais pas m'en lasser. Je ferais bien le tour de France comme ça, à descendre à peine du wagon, mais juste pour le plaisir d'être bercée par le doux ronron du train, à partager une intimité distante avec les autres voyageurs....
Ce voyage là, je le faisais en compagnie d'une copine. Autre compagnie, à côté de moi se trouvait un jeune couple avec un bébé. Ah ça je ne pouvais pas les rater. Je me demande encore quelle était leur histoire. Mais il y en avait une, différente, je suis persuadée. Je passais en revue les possibilités...
Ils étaient hyper attentifs au môme, qui devait avoir un an environ. (fille, garçon, j'ai jamais su) Mais attentifs à l'excès. Un peu comme si ils venaient de l'adopter, et qu'ils s'émerveillaient encore de l'avoir avec eux. Ou encore il venait de sortir de l'hôpital, après de graves problèmes. Ou peut-être même qu'ils l'avaient kidnappé ! Si si, sur le moment j'ai même pensé à ça ! :-) Ils lui parlaient énormément, et bien fort, comme si on devait être témoins de ça... Déplaçaient la poussette avec ostentation et excuses au gars qui passait avec son chariot-ravitaillement, plus un petit mot pour que le monsieur s'attendrisse devant bébé. Quand bébé s'est enfin endormi, ils ont casé la poussette à côté de moi. Puis à son réveil, nouveau cinéma, ooooh regarde bébé à côté de qui tu as dormi, tu as dormi à côté de la jeune fille...
Bon, je ne sais pas trop comment décrire le "malaise" ressenti, peut-être venait-il du décalage entre ces parents hyper enthousiastes et communicatifs, et ce bébé presque indifférent, limite blasé...
Mais ce n'est pas là que je voulais en venir !
Si je repense encore à eux souvent, c'est le soir, quand je n'arrive pas à m'endormir. Je ne compte pas les moutons, non, j'arrive pas les voir bouger, sauter la barrière en imagination. Ma première arme, c'est le souvenir de
l'anesthésie par masque, dont je vous avais déjà parlé.
La deuxième arme, c'est la "berceuse" que chantait cette dame à son gamin. Et là on comprend bien que le petit ait eu l'air blasé.
La dame ne savait visiblement pas chanter. Ou bien sa culture berceutique était à néant. Peu importe, il fallait endormir le marmot, alors, en plus du roulis du train, en plus du roulis qu'elle imprimait à la poussette, elle le soûlait d'une répétition interminable de "câlin petit ange, câlin petit amour, câlin petit ange, câlin petit amour,..." sur un ton monocorde... INTERMINABLE je vous dis ! Ma copine dormait déjà depuis longtemps, moi j'ai entendu ça pendant un bon quart d'heure. Je vous promets que c'est LONG. Je comprends pas ce môme, c'est pourtant radical, on a qu'une envie, fuir cette réalité et se réfugier dans ses rêves ! :-D
Démonstration ici : Les soirs d'insomnie,
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Conclusion : une berceuse n'est pas faite pour être jolie, mais pour endormir, et tant pis pour les autres voyageurs du train.
Quant à la berceuse, c'est... comment dire ? ,njkkjl,njik uuuuuuhbbbbbbbbbbbyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy