Il y a quelques mois, j'avais évoqué le caractère presque "sacré" et intouchable du fauteuil, alors que malgré son importance pour moi, il reste un objet lambda.
Et bien j'y reviens ! :-)
Parce que finalement, je ne sais pas si ça vient du fauteuil proprement dit, du handicap en lui-même, des situations... Mais en fait ce caractère "intouchable" semble bien s'appliquer à moi aussi !
Si, bien sûr, "quand il faut" on me touche sans faire la grimace ou changer de couleur, tout se passe bien je vous rassure ! Mais il manque une infinité de ces petits gestes naturels qu'on ne s'autorise pas avec moi. Je délivre un warning inconscient "Attention fragile" ? Pourtant je vous promets, je ne le suis pas plus que vous ! Probable que le côté "handicap" entraîne la notion "malade" et donc "fragile"...
Le côté "situationnel" met aussi une barrière. Parce que de mon fauteuil, je suis rarement exactement à la même hauteur que les autres. Quand ils sont assis oui, bien sûr, mais là encore, le fauteuil prend plus de place, me mettra un peu en recul par rapport à la table, ou légèrement plus haute. Pour une fois ;-)
Dans les situations conviviales aussi, le fauteuil limite les contacts. Non non, "situation conviviale" ne signifie pas partouze, on se calme. Ce sont des choses anodines, comme être sur un même canapé. Ou bien au parc, quand tout le monde se prélasse assis/couché dans l'herbe, moi je domine, statique.
Alors les gestes, quels gestes ?
Ben tout simplement une tape sur l'épaule pour dire "pfff t'es bête". Je suis pas maso hein, ça peut être aussi juste un contact pour dire bonjour ou au revoir (autre que la bise, très conventionnelle, disons la main qui accompagne la bise). Ou m'emmerder dans ce que je fais. C'est pas parce que j'ai plus de mal à le faire que ça serait de l'abus, c'est juste ce qui se fait couramment entre potes. Ou encore si on me dit "elle est belle ta veste / ton bijou..." ne pas hésiter à y joindre le geste pour vérifier.
Puisque ces gestes restent relativement rares, j'en viens à les considérer moi aussi comme extraordinaires !
Je me souviens de Christophe en première année de fac (oui je sais ça date, pfff ^^). Moi j'étais encore en pleine phase re-découverte du monde, on était tout jeunots et on faisait connaissance très doucement. Un vendredi, sortie du cours de philo. Christophe passe à côté de moi, me dit "Salut Céline, bon week-end", et m'effleure l'épaule ! Mais j'ai bien mis ce week-end à m'en remettre, "Waouh, je le connais à peine et il me touche l'épaule !!!"... :-)
(Rien de sensuel hein, c'était en plein hiver, pull col roulé et compagnie ! :-D)
(Parenthèse : un autre soir il m'avait demandé "et t'habites où, t'as un appart ?" Moi je sortais juste de ma phase centre, j'osais encore à peine rêver d'indépendance, comme un énorme défi, et lui l'envisageait aussi simplement ? Mais il a vu, ou pas, que j'étais en fauteuil ? Euh, je lui dis ou pas ? ^^ En 2 / 3 phrases, situations, je crois qu'il a pas mal joué dans mon évolution en fait ! :-))
Revenons à nos moutons tactiles, j'ai des réactions un peu moins disproportionnées maintenant, je vous rassure. :-)
Mais j'avoue que ça reste un assez bon indicatif pour moi de votre mal-à-l'aisitude ! ;-)
Allez, si vous êtes sages je vous concocterai une petite vidéo un de ces 4 pour vous montrer que je ne suis pas si fragile que ça ! ;-)
une petite vidéo non diffusée en france ... Un sarko bourré au G8
http://www.youtube.com/watch?v=oOKbHnNkLOY
Mon premier post sur ce blog que j'aime beaucoup, j'en profite pour raconter un peu ma vie...
Je suis bien d'accord avec toi Céline, il y a vis à vis du handicap une espère de "crainte respectueuse", mais en l'occurence il s'agit d'une sorte de "respect mal placé" puisqu'il interdit tout familiarité,, enfin je sais pas si je me fais bien comprendre ??
Ma petite soeur était handicapée physique et mentale, et en fauteuil, et j'étais toujours curieuse de voir la réaction des gens qui faisaient sa connaissance : il y a avait ceux qui, carrément génés, balubutiait un boujour et restaient à distance ou l'effleuraient à peine, ceux qui l'embrassaient tendrement mais très très précautionneusement comme ils auraient embrassé un être de papier, et ceux, très rares, qui restaient naturels, lui claquaient un gros poutou bruyant accompagné d'un "ça boume, poupée ?" ou autre salutation joviale.
Et c'est rarement ceux qu'on croit qui sont les plus à l'aise et inversement...
D'une manière plus générale, on sentait aussi cette crainte chez les gens sur tout les plans, pas seulement physique. Comme si, de par son handicap, tout devenait délicat et hasardeux, même les mots : déconnade interdite... les gens devenaient rouges de confusion s'ils faisaient par mégarde une blague pouvant de près ou de loin se rapporter au handicap : comme quelqu'un qui l'avait saluée d'un "ça roule ma poule" pour ensuite s'excuser pendant 15 minutes sur le fait qu '"il n'avait pas voulu faire de jeux de mots douteux" (rapport au fauteuil roulant)... alors que nous, notre frangine, on l'appelait notre "petit castor à roulettes"...
Bises et bravo encore pour ce blog qui file la patate
Bonjour!
Un petit comm' au passage, je ne savais pas où le mettre alors je le met ici, à propos de ton radioblog: bons choix musicaux. MAis une petite précision, la chanson "Nathalie (mon amour des JMJ) "n'est pas une chanson d'Oldelaf et M. D. mais d leurs amis....Les Fatals Picards. Voilà, bonne continuation!
La mode des massages, très peu pour moi.... trouille de m'abandonner, de ne plus maîtriser, même chez le coiffeur je suis sur la défensive (précisons que c'est une coiffeuse et qu'elle me semble tout à fait hétéro).
Bon, je crois que je vais arrêter de prendre ton blog pour un divan...
Tape m'en 5 et je promets de faire un petit geste si on se rencontre un jour !
Faut pas croire je suis pas très papouilles, pas très tactile non plus hein, c'est juste sur les petits contacts symboliques quoi ;-)