Mardi 18 avril 2006
Le mouvement anti-CPE se passe dans les facs, dans la rue, et le débat fait aussi rage sur internet. L'autre jour sur un forum, une jeune fille frustrée de ne pas pouvoir aller en cours nous traitait d'Utopistes.
J'ai répondu que j'étais plutôt fière et heureuse de voir que la jeunesse avait encore des rêves pour une société meilleure, et l'envie de les réaliser.
Surprise, elle poursuit : "Non mais c'était péjoratif hein !"
Mouarf, raté pour l'insulte, je prends ça comme un compliment ! :-D
Selon Wikipédia, une utopie désigne "tout projet d'une société idéale et parfaite ; laquelle est tenue par ses auteurs pour chimérique ou, au contaire, contient le principe de progrès réels, un ferment et un stimulant pour un avenir meilleur". Et je crois que toute utopie contient les deux : des pans irréalisables, au moins dans l'immédiat, mais aussi et surtout, une source fourmillante d'idées géniales et applicable, à moins d'un peu de culot.
Et ce qui se passe aujourd'hui, je trouve ça très beau.
Pas ce qu'on voit dans les médias hein, mais ce qui vibre et palpite en vrai !
Les jeunes sont en train de se construire réellement une conscience politique. Ils ont l'idée que la politique ça concerne directement leur vie, leur avenir. Ca les regarde et à ce titre, ils se sentent en droit de faire entendre leurs voix.
Je dis "ils", je me sens pas vieille pour autant hein, je fais partie de ce mouvement bien sûr ! :-) Je ne suis pas d'une autre génération, mais j'ai 7-8 ans de plus qu'eux. Et je ne sentait pas ce souffle "à mon époque"... Je crois qu'il y a eu un vrai changement. En fait ça me rajeunit pas, mais la plupart de mes collègues actuels n'avaient pas le droit de vote aux dernières présidentielles, ils ont donc vécu le cataclysme LePen uniquement dans la rue. En colère sans avoir à se reprocher quoi que ce soit ! :-) Peut-être même persuadés qu'ils auraient bien voté et changé la donne ! (Alors qu'ils auraient déserté les isoloirs comme les autres.) Les veinards n'ont même pas eu à prendre le petit papier "Chirac" au deuxième tour ! ;-) Bref.
Je pense que cet évènement les a marqués, et ça fait 4 ans (et plus, mais bon) qu'ils subissent ce gouvernement qu'ils n'ont pas choisi. Ils n'ont jamais donné leur avis que dans la rue, où par des élections plus "mineures".
Cette fois c'était la goutte d'eau en trop. La rue s'exprime une fois de plus, mais cette fois, ça va beaucoup plus loin.
Il ne s'agit pas seulement de huer une réforme. Mais d'affirmer que notre projet de société est bien loin de ce qu'on nous propose. Et qu'on fourmille d'idées et d'idéaux !
Oubliez vite ce que vous avez vu au JT ! Moi je vous raconte !
C'est plein de vie, plein de solidarité ce mouvement.
Des casseurs ? Où ça ? Chez nous les filles offrent des fleurs aux CRS. (Certaines seront inculpées pour outrage à agent... Sic) Et quand ils se préparent à charger, dans leur uniforme de tortue ninja, on réclame en choeur "Des calins, des bisous !"... C'est cucul, certes, mais j'aime beaucoup l'esprit ! :-D
On campe des barrages filtrants, on emmerde les automobilistes, et pourtant la plupart nous encouragent vivement en passant !
Les SDF qui zonent à la fac se joignent au mouvement, pas seulement pour avoir à manger et dormir au chaud, mais s'impliquent, et prennent à coeur nos revendications.
Sur le chemin des manifs, quand une bouteille traine par terre, il se trouve souvent quelqu'un pour aller la mettre à la poubelle.
Je ne fais pas partie des plus impliqués, mais ceux qui ont campé à la fac et ont agi tous les jours, ont aussi appris à vivre ensemble, travailler ensemble, et même à faire à manger pour 50 ! :-)
C'est un vrai laboratoire d'idées ce mouvement, on ouvre les yeux chaque jour un peu plus sur le monde dans lequel on vit, on échange des idées, on invente l'avenir.
La fac est à nous, on se l'approprie. Une "commission artistique" s'attèle à cette tâche.
Utopiste, oui, et fière de l'être.
C'est certainement pas Mai 68. Mais c'est Mars 2006, et c'est drôlement bien...
J'ai répondu que j'étais plutôt fière et heureuse de voir que la jeunesse avait encore des rêves pour une société meilleure, et l'envie de les réaliser.
Surprise, elle poursuit : "Non mais c'était péjoratif hein !"
Mouarf, raté pour l'insulte, je prends ça comme un compliment ! :-D
Selon Wikipédia, une utopie désigne "tout projet d'une société idéale et parfaite ; laquelle est tenue par ses auteurs pour chimérique ou, au contaire, contient le principe de progrès réels, un ferment et un stimulant pour un avenir meilleur". Et je crois que toute utopie contient les deux : des pans irréalisables, au moins dans l'immédiat, mais aussi et surtout, une source fourmillante d'idées géniales et applicable, à moins d'un peu de culot.
Et ce qui se passe aujourd'hui, je trouve ça très beau.
Pas ce qu'on voit dans les médias hein, mais ce qui vibre et palpite en vrai !
Les jeunes sont en train de se construire réellement une conscience politique. Ils ont l'idée que la politique ça concerne directement leur vie, leur avenir. Ca les regarde et à ce titre, ils se sentent en droit de faire entendre leurs voix.
Je dis "ils", je me sens pas vieille pour autant hein, je fais partie de ce mouvement bien sûr ! :-) Je ne suis pas d'une autre génération, mais j'ai 7-8 ans de plus qu'eux. Et je ne sentait pas ce souffle "à mon époque"... Je crois qu'il y a eu un vrai changement. En fait ça me rajeunit pas, mais la plupart de mes collègues actuels n'avaient pas le droit de vote aux dernières présidentielles, ils ont donc vécu le cataclysme LePen uniquement dans la rue. En colère sans avoir à se reprocher quoi que ce soit ! :-) Peut-être même persuadés qu'ils auraient bien voté et changé la donne ! (Alors qu'ils auraient déserté les isoloirs comme les autres.) Les veinards n'ont même pas eu à prendre le petit papier "Chirac" au deuxième tour ! ;-) Bref.
Je pense que cet évènement les a marqués, et ça fait 4 ans (et plus, mais bon) qu'ils subissent ce gouvernement qu'ils n'ont pas choisi. Ils n'ont jamais donné leur avis que dans la rue, où par des élections plus "mineures".
Cette fois c'était la goutte d'eau en trop. La rue s'exprime une fois de plus, mais cette fois, ça va beaucoup plus loin.
Il ne s'agit pas seulement de huer une réforme. Mais d'affirmer que notre projet de société est bien loin de ce qu'on nous propose. Et qu'on fourmille d'idées et d'idéaux !
Oubliez vite ce que vous avez vu au JT ! Moi je vous raconte !
C'est plein de vie, plein de solidarité ce mouvement.
Des casseurs ? Où ça ? Chez nous les filles offrent des fleurs aux CRS. (Certaines seront inculpées pour outrage à agent... Sic) Et quand ils se préparent à charger, dans leur uniforme de tortue ninja, on réclame en choeur "Des calins, des bisous !"... C'est cucul, certes, mais j'aime beaucoup l'esprit ! :-D
On campe des barrages filtrants, on emmerde les automobilistes, et pourtant la plupart nous encouragent vivement en passant !
Les SDF qui zonent à la fac se joignent au mouvement, pas seulement pour avoir à manger et dormir au chaud, mais s'impliquent, et prennent à coeur nos revendications.
Sur le chemin des manifs, quand une bouteille traine par terre, il se trouve souvent quelqu'un pour aller la mettre à la poubelle.
Je ne fais pas partie des plus impliqués, mais ceux qui ont campé à la fac et ont agi tous les jours, ont aussi appris à vivre ensemble, travailler ensemble, et même à faire à manger pour 50 ! :-)
C'est un vrai laboratoire d'idées ce mouvement, on ouvre les yeux chaque jour un peu plus sur le monde dans lequel on vit, on échange des idées, on invente l'avenir.
La fac est à nous, on se l'approprie. Une "commission artistique" s'attèle à cette tâche.
Utopiste, oui, et fière de l'être.
C'est certainement pas Mai 68. Mais c'est Mars 2006, et c'est drôlement bien...
Dans ma fac, il ya
Des appels à conscience...

..des désirs

... De l'ambition

Des rappels essentiels...

... des infos graves

Des murs enchaînés...

... Des passages pour piétons aussi

Et des rêves...

"C'est bien en plus, ils créent de l'emploi" Salwa, le 14/04/06, ayant une pensée pour les peintres en bâtiment...




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Qui qu'a dit quoi