Espace blabla



(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

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Pour vos oreilles

Jeudi 21 décembre 2006
AlainX disait (pendant le blogothon) :
Comment vis-tu ta liberté personnelle dans le cadre des contraintes fortes qui sont les tiennes (dépendances diverses pour les actes de la vie courante).

Dépendre des autres me semble pénible (je parle de mon expérience perso à certaines périodes de ma vie).
Quelle est ta possibilité de "vivre seule" concrètement (très réduite je suppose, mais je me trompe peut-être...)
comment évolue ta relation à tes parents (ne pas rester la petite fille dont on s'occupe...). Comment perçois-tu ton rôle en ce domaine (t'affranchir de leur éventuelle protection, voire surprotection).


Ma liberté c'est mes assistantes. Elles sont ma liberté en même temps que mes gentils boulets. :-)


Ma liberté si je devais la dater, ça serait un jour de décembre 2001. J'avais emménagé seule depuis deux mois, je prenais donc un malin plaisir à faire ma déco de noël (oui, d'où mon article de la semaine dernière:-)). C'est Salwa qui s'y était collée. "Un peu plus à gauche. Oh une rouge maintenant. Un peu plus bas la guirlande non ?"
Quelques jours plus tard, ma mère admire, et demande à Salwa "c'est toi qui l'a décoré ?"
Ben oui bien sûr.
"Ah non non c'est Céline !" qu'elle répond ma bonne grande...
Moi ? Ah ouais ? Ah ouais... C'est vrai, c'est une façon de voir ! C'est vrai ça, J'AI fait mon sapin !
Je...
Il y a un âge critique dans le développement de l'enfant, où il apprend à dire "je" et se considérer comme individu. Et bien je pense que c'était là un de mes premiers "je"...

On m'avait un peu prévenu pourtant. Pour mettre en place mon autonomie, j'ai pris exemple sur Mireille (faudrait que je pense à la remercier un de ces quatre d'ailleurs :-)).
Et un jour j'ai entendu Mireille dire "Venez quand vous voulez, je fais un excellent flan !"... Ah ouais elle arrive à cuisiner toute seule elle ? Aaaah mais non elle veut dire que... Ah ouais ok ! :-)
Je rêvais de prononcer un jour ce "je".
J'aime pas trop le flan, mais celui là a été un des points décisifs pour me lancer... :-)

Depuis je m'en prive pas hein !
Je fais à manger, et des trucs bien meilleurs qu'un vulgaire flan ! :-p
Oula faut que je fasse une lessive moi.
Oula j'ai pas passé l'aspirateur.
Je m'habille et j'arrive !

Je sais, la question impliquait plutôt "que puis-je faire SEULE". Ben voilà, de temps en temps, je me fais un petit plateau télé et je mange toute seule, ouaiiis. Bon faut que tout soit préparé quoi. Ou bien je peux me balader seule en ville.
C'est des petits plaisirs, une certaine liberté, des petites "victoires" c'est vrai. Mais une faiblesse est vite arrivée : une bavouille sur le pull ou ailleurs, une tasse qui dérape, ou pendant les vadrouilles une main froide qui ne conduit plus comme elle devrait, et tout de suite le vent de liberté est entaché. Comme le pull oui. :-)

Je peux me gratter le front, oui, mais pour ça faut installer mes bras.
Alors ce genre de liberté, on oublie vite.

Ma liberté n'est pas dans les petits gestes, mais la réalisation de choses. Et tout ça dépend intimement des petits lutins qui m'accompagnent.

Si j'ai la liberté d'être moi, c'est grâce à elles. Et elles particulièrement hein, pas n'importe quelles "elles"...
J'ai la liberté de faire des études, de vivre seule, de partir en vacances entre copines.
J'ai la liberté, de faire de la cuisine, de la plomberie, de la peinture, de la déco...
J'ai la liberté d'avoir des relations humaines ou le handicap est absent, parce que je ne suis pas en position de dépendance vis-à-vis de l'autre. Il n'a pas à avoir "peur de mal faire", parce qu'il ne fait pas. L'autre est là pour échanger, discuter, réfléchir, rire ou pleurer, pas pour m'aider. C'est essentiel. J'ai même la liberté de proposer de l'aide, ou ne serait-ce qu'un café.

Bien sûr, c'est aussi des boulets mes filles.
Bien sûr elles sont toujours là, jour et nuit. Je m'isole en partie, mais c'est pas toujours possible. Et si je veux mettre la musique à fond et gueuler comme une malade, je me rappelle que je suis pas toute seule. Je fais ce que je veux hein, mais il y a constamment un regard sur ce que je fais. Même discret, même neutre, il est là.
Et cette présence libératrice dans mes relations à d'autres, elle a son revers pesant. Parce que du coup (et encore une fois malgré toute la discrétion qu'elle peuvent rechercher), je ne suis jamais en tête à tête avec quelqu'un. Ou plutôt je suis "en tête à tête parmi trois personnes". :-) Sans parler de relations amoureuses, parfois on s'en passerait quand même.


Voilà, c'est le "petit" revers de la médaille. Mais sans revers, la médaille elle ne ressemblerait pas à grand chose, et ma vie non plus.


Ma liberté, c'est mes assistantes.
Et grâce à elles, ma liberté n'a quasiment pas de limites.
Merci les filles ;-)


Vous autres avez la liberté de vous gratter les fesses ou de prendre bout de sauciflard au frigo quand et comme bon vous semble. Je ne suis pas sûre que ça vous apporte un vent fou de liberté.

Ma liberté, je n'en ai autant conscience que grâce à ma dépendance. J'adore les paradoxes, j'aime beaucoup celui là. :-)

par Céline à 17h53
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