Espace blabla



(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

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Pour vos oreilles

Dimanche 31 décembre 2006
C'est l'heure du bilan, ouèèèè j'aime bien les bilans moi ^^

2006 ? Pas trop mal comme cru.

Je vais compter... Disons 1 période pourrie 1/2. A peu près, bon c'est pas énorme sur une année c'est raisonnable.
Ouais y a eu quelques galères, quelques inquiétudes bétons quand même. Mais dans la grande majorité, tout s'est bien terminé, alors yeepee !

La qualité d'une année, en général je la compte en rencontres, et de ce côté là, elle a cartonné.
Déjà un an de blog supplémentaire, ça fait en fait pas mal, des rencontres, et des chouettes, des à garder bien au chaud. Oui je sais, ça fait bidon à lire comme ça, mais moi je visualise très bien de quoi je parle ^^ et je vais pas vous faire la liste quand même, petits curieux...

Et puis hors blog j'ai une vie aussi (oui oui) qui m'en a apporté d'autres.

Ah oui et puis aussi (genre "oh j'ai failli oublier" !^^), j'ai rencontré un type abonimable en 2006.
Un chieur de première, vraiment. Jamais content il a des ressources incroyables en matière de ronchonneries. Il râle en permancence (je suppose qu'il râle en dormant). Pire encore, le plus souvent il a de bonnes raisons de râler, imparable. Et sinon, une louche de mauvaise foi agrémente à merveille le tout.
Il n'aime à peu près personne (pas même lui) et ne comptez pas sur lui pour faire semblant.
Le vice, le pire, sont ses idoles.
Pour tout ce pire, et son contraire, pour tout le meilleur dont il est aussi capable, je l'adore.
Des amis, de ceux qu'on compte sur les doigts d'une main, de ceux qu'on sait qu'ils compteront à l'avenir, c'est pas tous les ans qu'on en rencontre. 2006 m'en a apporté un, je suis contente de finir cette année avec lui ce soir.

Et puis après, ben ma foi on enchaîne hein, 2007, on attaque hop hop hop !

Ma bonne résolution sera spéciale cette année, ça sera juste "assurer la période post-études". Oui parce que cette fois j'arrête. Oui oui, j'arrête la fac en juin. Mais siii, il faut bien ! :-) (sauf si mon binôme parvient à m'embarquer à un master, mais j'en doute fort ^^)
Après 9 ans de fac (ahem, ben oui quand même), ça va faire comme un gros, très gros vide... Alors il va falloir que j'assure, que je me construise la suite de ma vie...
Ca me fait assez peur, mais en même temps j'ai hâte..

Plein plein plein d'aventures en perspective ! :-)



A toi, public, je te souhaite aussi "d'assurer" face à ce que 2007 t'apportera, de bon comme de mauvais. En espérant qu'il n'y ait pas trop de mauvais quand même...


Je te souhaite aussi plein de bloguage à toi blogueur, à toi lecteur ^^


A bientôt, en 2007...

En attendant, réveillonne bien, et fais plein de folies ! ;-)
par Céline à 15h48
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Samedi 30 décembre 2006
Père Noël commentait ainsi mon article "Ma liberté" :
Si je peux me permettre, je ne sais pas si cela est publiable, mais j'ai le sentiment que tu n'as pas complètement répondu (ou alors c'est juste moi qui ai encore des questions) sur la fin du commentaire de Alain "comment évolue ta relation à tes parents. Comment perçois-tu ton rôle en ce domaine (t'affranchir de leur éventuelle protection, voire surprotection)"
Enfin tu te doute qu'en tant que père Noel je me pose aussi plein de question vis a vis des petits enfants dans ton cas. Comment ne pas surprotéger ces petits bouts tout en leur assurant un avenir correct ? Comment ne pas les faire se sentir dépendant de leur parent ? Comment leur donner cette sensation avant l'installation de leur premier sapin de Noel chez eux ? Comment faire évoluer cette relation de dépendance tout en leur assurant une sécurité dont ils ont besoin. Et comment en tant que père ne pas me sentir trop dépendant d'eux ?
Quelle liberté cette dépendance va t elle me faire découvrir ?
Bon, tu m'exuses j'ai du boulot en ce moment



Oui oui c'est publiable (ma famille sait que j'ai un blog mais ne le lit pas, sinon ben c'est à leurs risques et périls ^^), juste que je trouvais que mon article se suffisait à lui même.
Je pense que mon détachement face à leur (sur-)protection était transparent ! :-)

C'est vrai que quand j'écris, je visualise plus mes "petits valides naïfs" que les "parents de petits n'ASI aware" qui suivent mes aventures. Parce que oui, chers amis, le père noël est papa d'une petite n'ASI ! C'est du scoop hein ? Même que le père noël est lorrain, je le connais bien ^^ (voilà, ça c'était juste pour faire des jaloux, c'est fait.)

Autant je peux faire état de ma vie, mon expérience, autant je me vois assez mal vous donnez des conseils, jeunes parents. (oui c'est rare que je te traite de "jeune" hein ? Disons que c'est mon cadeau de noël !)
Alors d'autant plus sur ce sujet, les relations parent-enfant sont influencées dans nos cas par le handicap, mais aussi par l'ambiance familliale générale et les caractères particuliers de chacun.

Moi je ne suis pas famille, et ma famille pas trop non plus. Ca c'est un fait, mais qui ne vient pas forcément du handicap.
Je crois que j'ai juste un sale caractère à la base, et je n'accepte pas qu'on me dise "voici des gens qui ont le même sang que toi, tu dois donc les aimer". Alors parmi ces gens-là, il y en a que je choisirai d'aimer (mais peu, ils partent avec un handicap : ils sont de ma famille !), au même titre que je choisis mes amis, ça ne se fait pas à la légère.


Maintenant, que répondre à tes interrogations de papa-noël-poule ?

La relation est forcément biaisée quand la dépendance s'y glisse. On ne se détache pas de la même manière quand c'est maman qui continue à torcher les fesses à 18 ans. J'y pense, c'est peut-être aussi pour ça que je me "détache" de tout ce qui est famille. "Ok, j'ai besoin de toi physiquement, mais pas dans ma tête". Peut-être.
En même temps, je ne sais pas si une autre solution est envisageable dans l'enfance. Je n'aurais pas voulu que quelqu'un d'autre que ma mère s'occupe de moi : des passages d'infirmières ou d'auxiliaires pour toilette / habillage / coucher, c'est arrivé quelques fois mais c'est une grosse intrusion dans la vie familiale, pas forcément souhaitable. Avoir quelqu'un spécialement pour m'aider (une auxiliaire en journée) aurait marqué encore plus mon handicap, aurait modifié mes rapports avec mes copines, bof...
Mes copines, par contre, faisaient très bien les assistantes en journée, même en primaire, personne d'autre qu'elles ne m'aidaient ! :-) Ca c'était déjà une certaine liberté, encore une fois dans la dépendance.

La seule chose que je pourrais "conseiller" c'est de projeter la fille du père noël (pas trop fort non !) et les autres dans l'avenir, mais ça je sais que vous le faites à merveille, toi et les autres.
Je ne repproche pas du tout à mes parents de ne pas l'avoir fait, mais je pense que c'est l'époque qui veut ça !

Il y a 27 ans j'ai été considérée comme la petite fille malade, mourante, fragile, sans avenir... Par mes parents, et la famille élargie par ricochet. Aujourd'hui, vous savez bien qu'un avenir est possible.
Même si au fil du temps, la réalité s'est imposée, mon avenir s'est construit, je pense que cette idée reste ancrée quelque part au fond du cerveau. Pas du mien hein, du leur ! :-)
Les restes de dépendance sont dans leur esprit, le mien n'en a plus la moindre miette... :-)

Les repas de noël n'ont fait que me le confirmer, j'ai l'impression de n'avoir rien en commun avec ma famille (en ratissant large). Je pense qu'ils me connaissent moins bien que quiconque. Je suis la pauvre petite Céline. "T'as une gamine qui a besoin d'être couchée !" ai-je entendu cette année. Et aussi une cousine qui me dit "Ah des rochers, j'adore ça ! Y en avait dans le placard de mamy, mais on avait jamais le droit d'y toucher, c'était pour toi"... Oui je crois bien que je suis la préférée, et je déteste ça. Je ne suis ni la plus grande ni la plus petite, juste l'handicapée. Qu'on m'aime je veux bien, mais pour de bonnes raisons.
Cette même mamy qui faisaient prier mes petites cousines, non pas pour moi mais presque, "pour les petits enfants handicapés qui n'ont pas la chance comme Céline d'avoir des parents aussi merveilleux/courageux"... Mouais.
Mes petits cousins n'ont pas forcément pitié de moi, mais une aura particulière doit traîner autour de moi...
Et cette autre grande cousine qui m'avait demandé "Mais tu as ta sensibilité dans tes jambes ?" et qui ensuite était allée s'en glorifier à sa mère "oh je suis contente, j'ai un peu pu parler de son handicap avec Céline" Ooooooh bordel, ça fait 27 ans qu'on grandit "ensemble" et il a fallu tout ça pour poser une question aussi bateau ?!!! Mais merdeuh.
Oui, si je me sens aussi peu proche de ma famille, c'est probablement parce que c'est là que j'y retrouve le plus ce sentiment d'appitoiement que je déteste. Je pourrais me mettre en chantier pour leur démontrer qui je suis réellement, mais la tâche est trop lourde et ne m'intéresse même pas. Alors pendant les réunions de famille, je subis, je reste dans mon coin, comme ça je colle à l'image qu'ils ont de moi, ça arrange tout le monde... :-)


Bref voilà père noël, je te le rappelle, je brosse juste mon tableau personnel, avec ma mauvaise humeur évidente. Généraliser nuit à la santé.


On est en 2006, je ne m'en fais absolument pas pour Lulu, Juline, Timothée, Jade, Axel, Paul et les quelques autres dont les parents me liraient... :-)
Les esprits ont changé, et je vous vois à l'oeuvre, vous assurez un max ! ;-)

Je t'avais bien dit que j'aurais pas de conseil.

A part raconter ma vie, je sais pas faire grand chose ^^


Audioblog : "La fille du père noël" du Dutronc bien sûr ! et "Né quelque part" de LeForestier.
par Céline à 17h33
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Lundi 25 décembre 2006

Petit résumé de la soirée quand même

Outre mon habituel entrain à fêter noël, cette année on a en plus eu la mauvaise humeur chronique de mon père qui avait décidé de pourrir l'ambiance, bien joué. Et dès le matin. Bref.

En plus, monsieur a une obsession : commencer de plus en plus tôt chaque année, parce que sinon "ça traîne en longueur". Ben oui mais en même temps c'est un peu le principe.
Alors cette année, "les gens" sont arrivés entre 15 et 17h... "Pour aider", ben oui.

Alors on a commencé le repas à 18h30, du coup à 11h c'était fini, youpi. Alors déjà c'est dur de combler habituellement, mais là, arrivés au digestifs, c'était encore pire.

Heureusement on a eu de chouettes distractions quand même.

Déjà on a eu la bonne idée d'offrir à mon père un DVD de Vanony et un bouquin de Desproges.
Quand mon père, fin heureux, a voulu citer Desproges, c'était pas dramatique, il est chouette le bonhomme. Mais quand il a attaqué la définition "Noël", j'ai vu venir le truc interminable. "Non papa, je l'ai lu ce passage, il fait 5 pages !!!" Ben tant pis on a eu droit aux 5 pages anonnées. (pas des plus drôles d'ailleurs)
Mais Vanony bon sang... Ah oui j'oubliais, seuls les lorrains peuvent comprendre notre douleur. Vanony est un "comique vosgien". Rural. Très rural comme humour. Je suis désolée, j'essaye de vous trouver un extrait pour que vous preniez conscience de toute l'étendue du désastre, mais je rame, c'est un "trésor culturel" très local... En attendant vous pouvez toujours vous abreuver à son site web... (oui le vosgien à un site web !)

Ah oui et puis le père noël a fait diversion aussi.
Vers 22h30, on a occupé l'attention des gamines, glissé des cadeaux sous le sapin, éteint la lumière, toqué quelques coups à la porte et rallumé, oh surprise des cadeaux... Ouais bon ok, vous connaissez le système.

Vers 23h, rebelotte, on éteint la lumière, les gamines sont toutes excitées "oh c'est encore le père noël !". Allez on rallume.
Allez, on rallume on a dit, c'est qui déjà qui a éteint ?
Allez on rallume.

Merde, cette fois c'est le père noël qui nous fait vraiment une blague, et tout le quartier est dans le même cas.

Alors de 23h à 1h (ouais quand même) on a fini la soirée aux chandelles et au feu à l'âtre Au moins sans electricité, on échappait à Vanony c'est toujours ça de pris.

Ambiance intime, je me dis que dans une famille unie ça peut être un joli moment. Là moyennement. Pour passer le temps on a chanté... Douce nuit (en français, en allemand, l'occupation est passée par là...), il est né le divin enfant, mon beau sapin roi des forets, gloria, minuit chrétien, mais aussi pirouette cacahouete, le petit bonhomme au capuchon rouge, le rock des tortues, et la dernière création en date (improvisée en live) de la petite dernière "le castor mange des saucisses"...

Fallait bien, parce que sinon la coupure d'électricité en inspirait quelques uns qui débattaient vivement des différentes politiques énergétiques... En fin de soirée arrosée, c'est à éviter.

Enfin voilà, une bonne chose de faite.

Après la "famille fatiguante" (oui parce que les 3 soeurs de mon père sont aussi sourdes que lui, donc tout le monde hurle. Je me sens hyperacousique moi ces jours-là, mais non je crois que c'est juste le volume qui est très fort) on attend la famille fatiguée.
Les grands parents étant très fatigués, ne supportant plus grand bruit, on a réduit le repas de noël à un "dessert de noël" ! :-D
Et puis ce côté là de la famille m'est un tout petit peu plus proche, donc ça m'effraye beaucoup moins.

Tout va bien, j'ai survécu... :-)


Audioblog : j'ai trouvé ! Vanony et "son grand père"
par Céline à 13h27
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Dimanche 24 décembre 2006
Joyeux noël à vous tous !

Non je déconne.

Enfin si, si noël est joyeux pour vous c'est cool hein.


Moi je suis "pas très famille", les réunions de famille me soulent infiniment. Je suis pas spécialement catho non plus, donc la naissance de Jésus, ça m'indiffère plutôt. La bonne bouffe c'est sympa, mais tout ça a un peu tendance à me couper l'appétit.


Laissez moi vous raconter mon plus beau noël :

Il y a quelques années, en un temps ou chaque membre de la grande et belle famille était fâché avec chaque autre (remarquez c'est toujours plus ou moins le cas), on devait faire un réveillon en comité réduit. Papa maman grand frère et moi. Et une tante qui se retrouvait toute seule. (pas trop fâchée avec nous, enfin le dialogue n'est pas toujours des plus détendus, bref.) Ca promettait une soirée beaucoup plus courte, originale et moins tendue. Ca partait bien.

H - 5 environ, grand frère se sent mal, il restera au lit pour la soirée.

H - 2 papa commence a montrer les mêmes symptômes. "Allo Martine, écoute c'est pas la forme ici, si tu as l'occasion d'aller le fêter ailleurs, ça sera sûrement plus sympa pour toi. Joyeux noël Martine hein".

Hop hop hop, H - 1, ma mère commence à avoir les traits tirés, mais fait comme si de rien n'était.

L'heure H arrive, avec son beau plateau de toasts divers. Je suis d'humeur merveilleuse, j'arrête pas de parler, face aux parents affalés sur leur assiette. J'ai un apétit vorace, je me fais plaisir, ces toasts sont DELICIEUX ! Et ce champagne bordel !!! Mes parents mangent péniblement un ou deux toast, arrosé d'efferalgan.

H + 1, mes parents sont achevés, au lit. Et moi je finis royalement ma soirée dans ma chambre : petit plateau télé, plein de bonnes victuailles prévues de longue date. Ah cette bûche mon dieu ! Je jubile ! :-D


Je veux de mal à personne hein. Individuellement je leur reproche pas grand chose, on a pas grand chose en commun c'est tout...
Alors si d'ici ce soir, un virus pouvait passer par là et décimer la petite quinzaine de personnes attendue, ça me ferait chaud au coeur, non vraiment... :-)


A part ça, sincèrement, je vous souhaite un noël pas pourri.

Et je pense à ceux qui vont se faire un plateau télé en solitaire, mais qui le vivront moins bien que moi. Je peux le comprendre aussi...

Je vous embrasse tous bien fort, et vive le petit jésus !

Hallelujah à tous.

Hamdulillah.
par Céline à 15h49
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Jeudi 21 décembre 2006
AlainX disait (pendant le blogothon) :
Comment vis-tu ta liberté personnelle dans le cadre des contraintes fortes qui sont les tiennes (dépendances diverses pour les actes de la vie courante).

Dépendre des autres me semble pénible (je parle de mon expérience perso à certaines périodes de ma vie).
Quelle est ta possibilité de "vivre seule" concrètement (très réduite je suppose, mais je me trompe peut-être...)
comment évolue ta relation à tes parents (ne pas rester la petite fille dont on s'occupe...). Comment perçois-tu ton rôle en ce domaine (t'affranchir de leur éventuelle protection, voire surprotection).


Ma liberté c'est mes assistantes. Elles sont ma liberté en même temps que mes gentils boulets. :-)


Ma liberté si je devais la dater, ça serait un jour de décembre 2001. J'avais emménagé seule depuis deux mois, je prenais donc un malin plaisir à faire ma déco de noël (oui, d'où mon article de la semaine dernière:-)). C'est Salwa qui s'y était collée. "Un peu plus à gauche. Oh une rouge maintenant. Un peu plus bas la guirlande non ?"
Quelques jours plus tard, ma mère admire, et demande à Salwa "c'est toi qui l'a décoré ?"
Ben oui bien sûr.
"Ah non non c'est Céline !" qu'elle répond ma bonne grande...
Moi ? Ah ouais ? Ah ouais... C'est vrai, c'est une façon de voir ! C'est vrai ça, J'AI fait mon sapin !
Je...
Il y a un âge critique dans le développement de l'enfant, où il apprend à dire "je" et se considérer comme individu. Et bien je pense que c'était là un de mes premiers "je"...

On m'avait un peu prévenu pourtant. Pour mettre en place mon autonomie, j'ai pris exemple sur Mireille (faudrait que je pense à la remercier un de ces quatre d'ailleurs :-)).
Et un jour j'ai entendu Mireille dire "Venez quand vous voulez, je fais un excellent flan !"... Ah ouais elle arrive à cuisiner toute seule elle ? Aaaah mais non elle veut dire que... Ah ouais ok ! :-)
Je rêvais de prononcer un jour ce "je".
J'aime pas trop le flan, mais celui là a été un des points décisifs pour me lancer... :-)

Depuis je m'en prive pas hein !
Je fais à manger, et des trucs bien meilleurs qu'un vulgaire flan ! :-p
Oula faut que je fasse une lessive moi.
Oula j'ai pas passé l'aspirateur.
Je m'habille et j'arrive !

Je sais, la question impliquait plutôt "que puis-je faire SEULE". Ben voilà, de temps en temps, je me fais un petit plateau télé et je mange toute seule, ouaiiis. Bon faut que tout soit préparé quoi. Ou bien je peux me balader seule en ville.
C'est des petits plaisirs, une certaine liberté, des petites "victoires" c'est vrai. Mais une faiblesse est vite arrivée : une bavouille sur le pull ou ailleurs, une tasse qui dérape, ou pendant les vadrouilles une main froide qui ne conduit plus comme elle devrait, et tout de suite le vent de liberté est entaché. Comme le pull oui. :-)

Je peux me gratter le front, oui, mais pour ça faut installer mes bras.
Alors ce genre de liberté, on oublie vite.

Ma liberté n'est pas dans les petits gestes, mais la réalisation de choses. Et tout ça dépend intimement des petits lutins qui m'accompagnent.

Si j'ai la liberté d'être moi, c'est grâce à elles. Et elles particulièrement hein, pas n'importe quelles "elles"...
J'ai la liberté de faire des études, de vivre seule, de partir en vacances entre copines.
J'ai la liberté, de faire de la cuisine, de la plomberie, de la peinture, de la déco...
J'ai la liberté d'avoir des relations humaines ou le handicap est absent, parce que je ne suis pas en position de dépendance vis-à-vis de l'autre. Il n'a pas à avoir "peur de mal faire", parce qu'il ne fait pas. L'autre est là pour échanger, discuter, réfléchir, rire ou pleurer, pas pour m'aider. C'est essentiel. J'ai même la liberté de proposer de l'aide, ou ne serait-ce qu'un café.

Bien sûr, c'est aussi des boulets mes filles.
Bien sûr elles sont toujours là, jour et nuit. Je m'isole en partie, mais c'est pas toujours possible. Et si je veux mettre la musique à fond et gueuler comme une malade, je me rappelle que je suis pas toute seule. Je fais ce que je veux hein, mais il y a constamment un regard sur ce que je fais. Même discret, même neutre, il est là.
Et cette présence libératrice dans mes relations à d'autres, elle a son revers pesant. Parce que du coup (et encore une fois malgré toute la discrétion qu'elle peuvent rechercher), je ne suis jamais en tête à tête avec quelqu'un. Ou plutôt je suis "en tête à tête parmi trois personnes". :-) Sans parler de relations amoureuses, parfois on s'en passerait quand même.


Voilà, c'est le "petit" revers de la médaille. Mais sans revers, la médaille elle ne ressemblerait pas à grand chose, et ma vie non plus.


Ma liberté, c'est mes assistantes.
Et grâce à elles, ma liberté n'a quasiment pas de limites.
Merci les filles ;-)


Vous autres avez la liberté de vous gratter les fesses ou de prendre bout de sauciflard au frigo quand et comme bon vous semble. Je ne suis pas sûre que ça vous apporte un vent fou de liberté.

Ma liberté, je n'en ai autant conscience que grâce à ma dépendance. J'adore les paradoxes, j'aime beaucoup celui là. :-)

par Céline à 17h53
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Souriez !

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