Mardi 7 novembre 2006
Inspirez... Expirez...
Non, faites le vraiment s'il vous plaît...
Voilà, inspirez... Expirez...
Le temps de lire encore quelques mots, et le système va se mettre en mode "pilote automatique", et vous n'y penserez plus pour les quelques millions de prochaines respirations... Tic tac essentiel, ronron inconscient...
Jusqu'à ce que la machine se grippe...
Juline (2 ans, et l'honneur d'avoir la même maladie que moi. La classe !) était hospitalisée ces jours-ci, oh une petite gastro à enrayer, pas de quoi flipper. Alors tous les jours, j'avais droit au bulletin de nouvelles, et on en profitait pour papotter et se marrer un peu au passage, avec son phénomène de maman.
Ce samedi là, large sourire quand "Amandine" apparaît sur mon téléphone.
Et puis le sourire se fige, ah j'ai pas bien compris, et puis c'est quoi cette voix entrecoupée que tu as ? "Qu'est ce que tu dis Amandine ?" Ils viennent d'intuber Juline, ça ne va pas, elle n'arrivait plus à respirer... Tic... tac... Une machine prend le relai... tic tac... C'est plus le sourire mais le temps qui se fige... Je sais plus bien ce que j'ai raconté, probablement des bêtises, je crois bien que j'essayais malgré tout de glaner un sourire (j'ai juste réussi à la faire vomir, raté... :-)), faut avouer que c'était idiot.
En raccrochant, le tableau figé reprend sa vie... Oula... atterrissage difficile... Et tous ces mots échangés, qui me reviennent en pleine face, progressivement, violemment...
Ca va vite, Céline, ça va tellement vite...
Inspirer, expirer.... Fastoche...
Le tout-va-bien est si proche du rien-ne-va-plus... Ca va vite, ça va tellement vite...
Hier, dix jours avaient passés. L'heure de virer tous ces tuyaux, et notre championne de Juline a retrouvé comme une grande la force d'inspirer, expirer...
Le pire est derrière, c'est là qu'on le préfère.
L'état général de Juline doit être à peu près comparable au mien. On est pas les plus mal lotties, et on a encore un paquet de chouettes années à vivre. Mais voilà, des fois, ça va vite, ça va tellement vite...
Alors on inspire, on expire.
Il n'y a que les moments magiques de nos existences qui peuvent se permettre de nous couper le souffle.
Chanson relent de mon adolescence. :-) Ca a un peu vieilli, mais ces images, c'est toujours le même frisson. Inspire bordel...
Et puis ça colle tellement bien...
Qu'est ce qu'on peut bien faire juste après ça ? Ben inspirer, expirer, et ne pas en perdre une miette surtout.
EDIT : Hé tiens, je viens de remarquer que mon blog est en pause depuis... samedi 28. C'est ce qui s'appelle "retenir son souffle"... :-) Il peut maintenant respirer...
Non, faites le vraiment s'il vous plaît...
Voilà, inspirez... Expirez...
Le temps de lire encore quelques mots, et le système va se mettre en mode "pilote automatique", et vous n'y penserez plus pour les quelques millions de prochaines respirations... Tic tac essentiel, ronron inconscient...
Jusqu'à ce que la machine se grippe...
Juline (2 ans, et l'honneur d'avoir la même maladie que moi. La classe !) était hospitalisée ces jours-ci, oh une petite gastro à enrayer, pas de quoi flipper. Alors tous les jours, j'avais droit au bulletin de nouvelles, et on en profitait pour papotter et se marrer un peu au passage, avec son phénomène de maman.
Ce samedi là, large sourire quand "Amandine" apparaît sur mon téléphone.
Et puis le sourire se fige, ah j'ai pas bien compris, et puis c'est quoi cette voix entrecoupée que tu as ? "Qu'est ce que tu dis Amandine ?" Ils viennent d'intuber Juline, ça ne va pas, elle n'arrivait plus à respirer... Tic... tac... Une machine prend le relai... tic tac... C'est plus le sourire mais le temps qui se fige... Je sais plus bien ce que j'ai raconté, probablement des bêtises, je crois bien que j'essayais malgré tout de glaner un sourire (j'ai juste réussi à la faire vomir, raté... :-)), faut avouer que c'était idiot.
En raccrochant, le tableau figé reprend sa vie... Oula... atterrissage difficile... Et tous ces mots échangés, qui me reviennent en pleine face, progressivement, violemment...
Ca va vite, Céline, ça va tellement vite...
Inspirer, expirer.... Fastoche...
Le tout-va-bien est si proche du rien-ne-va-plus... Ca va vite, ça va tellement vite...
Hier, dix jours avaient passés. L'heure de virer tous ces tuyaux, et notre championne de Juline a retrouvé comme une grande la force d'inspirer, expirer...
Le pire est derrière, c'est là qu'on le préfère.
L'état général de Juline doit être à peu près comparable au mien. On est pas les plus mal lotties, et on a encore un paquet de chouettes années à vivre. Mais voilà, des fois, ça va vite, ça va tellement vite...
Alors on inspire, on expire.
Il n'y a que les moments magiques de nos existences qui peuvent se permettre de nous couper le souffle.
Chanson relent de mon adolescence. :-) Ca a un peu vieilli, mais ces images, c'est toujours le même frisson. Inspire bordel...
Et puis ça colle tellement bien...
Qu'est ce qu'on peut bien faire juste après ça ? Ben inspirer, expirer, et ne pas en perdre une miette surtout.
EDIT : Hé tiens, je viens de remarquer que mon blog est en pause depuis... samedi 28. C'est ce qui s'appelle "retenir son souffle"... :-) Il peut maintenant respirer...



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Qui qu'a dit quoi