"Mourir pour des idées, d'accord mais de mort lente", disait le poète. Ouais, je suis d'accord avec lui. Mais surtout moi ce qui m'importe, c'est de mourir dignement. Non non, il n'est pas question d'euthanasie, et de dignité de la vie ici, seulement celle de la mort. A l'approche du grand saut, certains voient leur vie défiler... Moi je me demande juste "comment ils annonceront ça dans le journal, c'est pas trop ridicule, ça va ?". Bon j'ai peut-être pas frôlé la mort d'assez près (notez que je ne m'en plaindrai pas), puisque je suis encore là. Allez, j'arrête mes bêtises et je vous raconte ma première NDE. (Near Death Experience) (Hé, qui n'a rien d'une "vraie" NDE hein ! :-)) (Bon allez, abrège !)
L'été de mes 14 ans, on était partis dans un village de vacances, dans les Alpes, en famille. Dans ces cas là, chacun vit un peu sa vie : ce matin là mon frère fait la grasse mat', ma mère est à l'aquagym et mon père est en rando il me semble. Et moi je vadrouille, tranquilou, j'avais dit à ma mère que je passerais la voir, ce que je m'apprête à faire, en prenant des chemins buissoniers pour prolonger la balade. Pas trop buissoniers quand même, ça reste dans l'enceinte du village ! Je connais maintenant les différents parcours, j'arrive au niveau d'une barrière, que je contourne en passant dans l'herbe, comme d'hab. Ah oui. Sauf que là il avait plu la nuit. (et un proverbe Alpin dit "Herbe mouillée, t'envoie dans les rosiers") Et puis que le terrain est un peu en dévers. ("Terrain en dévers, t'enverra par terre") Et puis aussi, comme on est en montagne, ben mon fauteuil devenu incontrôlable m'a envoyé, non pas dans les rosiers, mais dans le petit ravin qui bordait l'herbe. (Ben oui déjà à l'époque je me disais "quand je serai grande, j'écrirai un blog, alors faut que vive quelques trucs pour pouvoir les raconter.) Me voilà donc partie vers l'aventure ! Face à la route pour ne rien rater du paysage, j'ai dévalé 6 ou 7 mètres (enfin c'est ce qu'on m'a dit, j'avoue que j'avais pas eu le temps de dérouler mon mètre !) assez à pic, fouettée de ci de là pas la dense végétation qui se referme derrière moi. Waouuuh la classe !!! Oui, désolée pour le côté tragique de l'histoire, les 3 ou 4 secondes (?) de ma descente m'ont laissé une chouette impression. Pire encore... J'ose ? Allez j'ose ! La première (seule ?) phrase qui me soit venue pendant la chute c'est "Oh ça fait comme dans les marches de la gloire !!!"... (Pour les amnésiques, "les marches de la gloire", c'était une émission qui passait à cette époque, qui racontait des catastrophes vécues, et bien finies grâce au courage d'un homme, et qui faisait des reconstitutions de la scène. Ben faut croire qu'ils étaient doués en reconstitutions parce que là je m'y voyais !)
Bon... Passée l'exhaltation de la descente, arrive un gros silence. (j'ai pas osé le "silence de mort" ;-)) C'est le moment de faire le point. A priori, je suis en vie. C'est un bon point ça. Je suis par terre (le proverbe avait donc dit vrai), à plat ventre sous mon fauteuil de 100 kilos. (la ceinture qui me maintenait m'a libérée juste à l'arrivée) Mal nul part. J'ai un peu la gueule dans la terre, mais pas de quoi m'empêcher de respirer. Ca tombe plutôt bien. Sous moi, une pierre toute plate m'a accueillie... Bon ben super, tout va bien alors !!!
Ah oui.... j'avais oublié un détail : je suis toute seule, et personne ne peut se douter que je suis là. Ah ouais ça se complique là. J'avais aperçu un peu plus loin un groupe de jeunes, peut-être qu'ils vont passer sur ce chemin ? Alors je crie. Je crie quoi ? Ben "Au secours !"... Pour rester dans l'ambiance "marches de la gloire" ! Pis j'aurais vite manqué d'inspiration si j'avais dû crier "Euh bonjour, si éventuellement quelqu'un passait par là et m'entendait crier, ça serait sympa de venir m'aider parce que je suis un peu en mauvaise posture !". Non je choisis le clair et concis "au secours". Mais les jeunes sont-ils passés par là ou pas, m'ont-il entendu (sans réaliser), je ne le saurais pas, mais vu toute la végétation, ma voix (pas super puissante vu ma position qd même !) devait leur parvenir assez étouffée...
Je n'aurais donc pas été là pour écrire mon blog si... Un peu plus bas, notre "voisin de table" était en train de pêcher avec son gamin. (Oui, juste un peu plus bas il y avait donc de l'eau ! Plouf ! :-D) Dès les bruits de branchages, il avait pensé à moi (pourquoi ?) et avait donc tendu l'oreille et entendu mes appels...
Après tout s'enchaîne, je peux plus jouer l'angoisse, l'aventure se conclut en beauté. Appel des pompiers, parce que bien sûr, personne ne veut prendre le risque de me bouger. Pour patienter, on m'amène le plus gentil animateur qui existe, qui me fait marrer, je passe un super bon moment au fond de mon trou (apparement je suis la seule, tout le monde flippe complètement ! :-)) ! On commence à débroussailler l'accès, puis on me remonte difficilement sur un brancard, direction les urgences (mais c'est booon j'ai rien !). Dans l'ambulance, le pompier qui me demande des renseignements s'étonne "oh, t'es née à Commercy ?!"... A 600km, on venait de retrouver un copain d'enfance de ma mère. :-)
Résultat des courses : ... Pas un bobo ! Si, une égratignure sur le genou. Même mes lunettes étaient intactes ! :-)
Si j'y croyais, je dirais bien qu'il y avait quelqu'un là haut qui me protégeait ce jour là... Mais comme je crois en pas grand chose, ben je dirais juste que j'ai eu une veine de cocu ! :-)
(A suivre... ;-))



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Qui qu'a dit quoi