J'aime pas trop mes congénères à 4 roues, vous le savez. Si, vous le savez ! Ou bien vous me lisez bien peu ! :-D
Mais je progresse quand même, je prends sur moi, et je me prendrais presque à avoir de la sympathie (lointaine qd même la sympathie hein) pour certains individus. Disons que pour l'instant, je vis bien mes congénères immobiles, présentables. Quand ils commencent à adopter des attitudes "bizarres", je sens le mépris (oui je suis atrocement conne, je sais) revenir au galop.
Mais mes victimes n'en souffrent pas trop hein, en général je me contente de les ignorer.
Il y a cet individu à la fac par exemple, qui ne doit pas trop contrôler sa main sur son boitier de commande et qui, du coup, se trimballe souvent avec les warnings allumés... Ah ben bravo, pfff, je fais comme si je ne le voyais pas...
Ou cet autre, toujours à la fac, qui contrôle encore moins ses mouvements, comme un lapin duracell dont on arriverait pas à couper les piles. C'est ignoble, cachez le !
Il squatte l'ascenceur alors que je veux le prendre. Rah mais accélère un peu. Pas capable de rentrer simplement dedans, ses bras s'agitent, débordent, s'aggripent, raccrochent... Putain abrège, son auxiliaire peut pas simplement lui choper la main et la ranger de force ?!...
... Pendant que je peste interieurement, fulmine, détourne le regard, j'accroche celui de mes collègues, pleins d'empathie pour lui...
... Bon, je suis pas vraiment mal pour autant hein mais bon...
... Il est à la fac, quand même. Il a eu son bac, son cerveau doit être à peu près normalement constitué, esprit et corps sont donc bien dissociés... Il doit en baver à voir son corps se rebeller comme ça...
Une autre fois à la télé : "Huhu ils ont invité un handi, vas-y comme je vais pouvoir me moquer, et comme ils vont pouvoir exercer leur pitié !"... J'écoute que d'une oreille distraite, mais au bout de 2 minutes, ça me fatigue déjà "oh ils peuvent pas inviter des gens qui articulent correctement ?! Ou bien le passer en accéléré au moins, pfff"... Sûre qu'il raconte que des trucs gnagnans en plus... Qu'est ce qu'il dit... ah... Quoi ? Non c'est pas vrai j'ai pas souri, non non, vous mentez !!! Même pas vrai il est pas drôle tfaçon !... Ah c'est pas trop trop con ça... Merde... il est chouette en fait, c'est qui lui ?....... Ah, fin de la séquence tant pis. Enfin je veux dire tant mieux hein, oui, bien sûr !

Quelques jours plus tard, le voilà qui réapparaît.
Alexandre Jollien, c'est mentalement noté...
A contrecoeur, je vais interroger la pythie (pseudo : google) sur qui est ce bonhomme... Un philosophe, il a écrit quelques bouquins... J'en relève un qui semble assez autobiographique, évoquant son enfance en centre... Je ne le commande pas non, mais je le glisse mine de rien dans
ma wishlist...
Il ne faut que quelques jours pour que Jean choisisse "justement" celui-ci, et me voilà avec Eloge de la faiblesse au pied de mon sapin.
Je dévore le bouquin. Sentiment aïoli-tarte à la framboise. Parce que lui, s'il s'est battu contre son expérience en centre, sa richesse a été... le contact avec ses congénères... :-/ Et pourtant il s'en sort bien hein. Vif, drôle et terriblement lucide. Ou en tous cas il pense comme moi sur beaucoup de choses. ^^
Lecture enrichissante, et perturbante donc. Pensons surtout "enrichissante"...
Voilà, je comptais un peu vous parler de ça.
Et puis voilà que dans mon stage, je prospecte pour les évènements culturels locaux, et je vois qu'ils passent la pièce à la manufacture. Ah... En même temps si c'est juste le texte, lu par un acteur, ça vaut pas trop le coup que j'y aille. Et puis merde, il y a même une rencontre avec lui après l'une des représentations... Animée par un de mes profs.
Entrée libre, oui, enfin il faut encore que je sois libérée de ma mauvaise volonté...
J'irai, peut-être...
Qui qu'a dit quoi