Oui parce que visiblement, c'est pas au point. Non pas que je veuille devenir une pleureuse professionelle, certainement pas.
Mais là y a quand même de la marge. J'ai mes normes à moi, et je croyais que les personnes me connaissant un minimum les avaient intégré. En gros, je ne suis pas du genre à me répandre en lamentations. Si, à la question "ça va ?", je réponds :
- "Oui, à part que..." = Ca va pas.
- "Bof..." = Ca va mal, situation qui mérite de s'inquiéter.
- "Non" = Je suis au fond du trou, au secours.
- Panne de smileys = Je déconne pas !
Ca fait un moment que je réponds bof. Oui mais voilà, dans notre humanité guillerette, tout le monde répond "bof" maintenant, au moindre soucis. Alors mon bof, tu parles, c'est la routine, rien à foutre.
Je voulais juste vous signaler que je suis passée au "non"... Mais si on me demande pourquoi, et que je parle d'une grosse fatigue, ah ben oui, tout le monde est fatigué à cette saison, oh t'as trop fait de folies pendant tes vacances toi, c'est l'inactivité qui te fait dire ça, l'approche des partiels, etc...
Oui mais voilà, je fais pas partie de ceux ou celles qui se creusent des cernes bien visibles à la moindre heure de sommeil manquante. Pas de ceux qui tirent une tête de trois pieds de long au premier ongle cassé. Qui sont livides sur commande. Et qui bien sûr, attirent inmanquablement les "ooooh ça n'a pas l'air d'aller toi...." environ 10 fois par jour.
Non, moi je crois que j'ai une bonne bouille, joviale, hiver comme été. Si je m'énerve à mort, je le fais en rigolant. Si je pleure, c'est jamais en public (j'ai dû me rater deux fois dans ma vie). Alors tout va bien.
On m'a dit "Ah mais ça se voit pas, par msn, que ça va pas ! Sur ton blog non plus !". Ah bon. Je croyais pourtant avoir dépassé les limites de ma bienséance ces derniers temps, en me plaignant odieusement... Ben non.

Alors allons-y :
Je vais mal. J'ai pas de problème majeur dans ma vie, juste les soucis normaux, habituels, quoi. Mais une "grosse fatigue". Mais vraiment grosse hein. Ca fait un moment qu'elle rôde. Depuis la rentrée, j'ai vraiment un rythme au dessus de mes petits moyens. (Oui, avec le handicap je tiens un peu moins bien la fatigue) Je peux tenir un moment, mais pas deux quoi. Ca fait un bon mois déjà que le voyant rouge clignote furieusement, me hurle de m'arrêter. Mais c'est bon, les vacances arrivaient, alors je tenais bon la barre. (hissez haut) C'était normal cette fatigue. Oui sauf que là, les vacances sont finies (tiens d'ailleurs je devrais être à la fac là), et la fatigue est toujours aussi opressante, voire même plus. Parce que maintenant s'y ajoute l'angoisse de pas savoir quoi faire pour récupérer. J'ai dormi. J'ai rien fait. Pas touché un cours. Lu pour le plaisir. Surfé/blogué (non, si je poste 3 articles par jour en ce moment, c'est pas parce que je suis en super forme, mais parce que j'essaye de choper quelques bulles d'oxygène ici). Même pas réveillonné pour éviter la fatigue. Alors merde, quoi de plus ?!
Les partiels arrivent, et j'avoue que je panique un peu. Je suis pas d'attaque, mais pas du tout. Je suis à bout. C'est une fatigue nerveuse en fait. Je suis pas amorphe, je baille pas à tout bout de champ, je dors pas 15h par nuit (mais j'aimerai bien). Je suis juste une pile electrique. A l'intérieur bien sûr. Mais elle déconne cette pile, elle m'assène des coups de jus sans cesse. Et ça me vide. Je supporte rien. Mais rien. Un type à la télé qui cale sur une question, et j'en peux plus "non mais bon, pauv' type, tu vas pas prendre un joker pour ça, putain tu réfléchiras quand on te posera une vraie question !" (d'habitude je le fais en rigolant, pas là). On me dit "il est un peu sucré ton parfum" et les larmes me montent aux yeux (et repartent illico d'où elles viennent bien sûr) (alors que c'était pas un bel éphèbe, mais ma mère, mdr!!!). Je me couche, épuisée, à 22h, et je mets 4h à m'endormir. Je me réjouis de voir des gens que j'aime, et une fois en face d'eux, j'ai plus qu'une envie, partir. Je crois être super désagréable. Malpolie et agressive. Apparemment ça passe incognito pourtant...
Et en même temps je suis consciente de tous mes paradoxes, je sais que mes énervements sont complètement injustifiés, donc je m'énerve après moi-même, c'est une folle ambiance dans ma tête...
Je me dope. Je me calme. Je m'occupe de moi. Je fais le tri, cette semaine, des cours intéressants / importants / facultatifs / fatiguants. Je crois que je peux compter sur les copines. Et puis je me fous des partiels, je veux bien les passer en septembre si il faut. (Mais serais-je prête pour un deuxième semestre ? Une troisième année ? Pfff...)
Et j'attends. Parce qu'avec tout ça, j'ai pas trop trop de force. Ouais, déjà que j'étais pas Musclor !
Et ça c'est quitte ou double. Je récupèrerai quand je serai reposée. Ou pas.
Mouais bon, pas tous les jours, écrire des trucs comme ça, hein.
Hop, je retrouve mon sourire de circonstance et je reprends le flot de mes joyeux posts.
En fait je crois que j'aimerais pas que vous me tombiez tous dessus avec des "alors, ça va pas ?...", je voulais juste que vous le sachiez quoi... Héhé, je vous embête hein !!! :-D
Pour quelqu'un qui a pas l'habitude, je l'ai bien fait quand même, non ? Je pense que j'ai été claire ? ;-)
Audioblog : "Mon nom" de Lynda Lemay.
Qui qu'a dit quoi