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(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

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Pour vos oreilles


Samedi 8 décembre 2007

 

Que penses tu des relations amoureuses entre personnes handicapées ?Serais tu prête (si la situation se présentait) à sortir avec un mec comme toi ?

Isa

  

Pouah mon dieu non, quelle horreur !!!
Je veux un mec parfait moi ^^

Non je déconne bien sûr, mais un handi, ça non c'est tout simplement impossible. D'ailleurs ça aurait bien pu se présenter, mais pour moi c'était radicalement non.

Franchement, de la part d'un valide, c'est déjà pas évident de fondre pour une personne handicapée, parce que le corps est loin d'être idéal, et aussi, peut-être surtout, pour toutes les contraintes que cela implique dans la vie de couple.

Alors de la part d'une personne elle-même handicapée, je trouve ça réellement suicidaire ! Je sais pas, je pense pas être trop exigeante en attendant d'une relation amoureuse AUSSI un contact physique ! L'amour platonique, non merci ^^

Et puis bon, moi qui fuis les handis, c'est pas pour en avoir un à la maison lol !

Non sérieusement, cette question me remue vraiment les trippes quand j'essaye de m'imaginer dans cette situation... brrr...

Mais puisque c'est le thème du moment à la télé, puisque tu poses la question, on va remettre à disposition de mon aimable public cette jolie vidéo faite par l'AFM il y a quelques mois, qui aborde cette question et d'autres.

L'amour pour tous
 
 

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Coucou à Marie et Seb ! :-)

par Céline à 0h53
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Vendredi 7 décembre 2007

Au téléthon ils parlent d'essais thérapeutiques sur l'amyotrophie spinale, c'est la même maladie que toi ? ça pourrait te concerner ?

Ninoche

 

Ah bravo, y en a au moins une qui suit ! ^^

C'est vrai, c'est ma maladie, c'est vrai, ça pourrait me concerner. Pas dans l'immédiat de toute façons, puisque les essais ne se font que sur des enfants (ben ouais un peu comme de la chair à canon ^^), mais si ça marche, peut-être que j'aurai une petite gélule à prendre régulièrement.

 

Je ne sais pas trop quoi en dire, pour être honnête j'y pense pas trop. Bon, déjà peut-être parce qu'il n'y a rien de spectaculaire à en attendre (ralentissement de la maladie au mieux, en même temps c'est tout ce que j'attends), et puis je connais quelques gamins qui participent à ces essais (2 molécules sont testées), pour l'instant aucun n'a marché sur l'eau. Non, ni sur la terre. :-)

 

C'est loin d'être un truc qui me fait tenir. Je n'y pense presque jamais, je sais juste qu'il se passe des choses, et je suis assez inflitrée dans le « réseau » pour être dans les premières informées si quelque chose de fort était découvert.

 

Je me souviens très bien, pourtant, du jour où le gène de l'amyotrophie spinale a été localisé. Pas identifié hein, juste vaguement localisé ! :-) Quand on part de rien, c'est déjà énorme. Je devais avoir quoi, 9/10 ans, j'étais en train de faire mes devoirs après l'école, quand un coup de fil a annoncé la bonne nouvelle à ma mère. Je n'en ai pas trop fait de commentaire, mais je me souviens qu'il m'avait été dur de finir mes devoirs. « Je vais guérir alors ! »...

 

20 ans ont passé, et ça explique peut-être que je relativise les avancées récentes. On avance, on avance, mais je sais bien maintenant que tout prend énormément de temps. Alors je me réjouis vraiment, mais je laisse les choses se faire, et je ferai une boum (dixit la petite mascotte de l'année) seulement quand LA bonne nouvelle sera là.

20 ans ont passé, et je suis toujours là, toujours plutôt en forme, bien mieux qu'annoncé.

Mais dans « 20 ans ont passé », il y a le goût amer de tous les petiots que la maladie a laissé sur le sable. Parce que j'ai la chance immense de compter ma vie en décénies, quand la plupart ne peuvent compter que sur quelques mois. Dans ces conditions là, bien sûr on s'accroche à la recherche, on hurle « donnez ! », on fout des coup de pied au cul des chercheurs, et ces essais, même modérés sont un pas de plus vers la vie, tout simplement...

 

par Célineà 23h08
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Vendredi 7 décembre 2007

L'asticot athétosique écrit : Ouai j'ai une question : pourquoi vous faites pleurez les gens pour avoir des sous ?Heureusement que je ne suis pas trop bête, j'arrive quand même à zapé vos jérémiades pour voir l'intéret du téléthon...

 

Alors là j'ai pas forcément des tonnes de choses mais j'ai envie d'en faire un article quand même. Parce que j'en ai marre de ces repproches. Pas du principe de repproche hein, mais bon faut vous mettre d'accord sur ce qu'on repproche au téléthon.

Je suis d'accord pour remettre en cause les principe de cette grosse machine médiatique, mais les repproches sont tellement contradictoires que je me demande si ce n'est pas la question de vos sensibilités qui est à revoir.

 

Parce que tout à l'heure encore, je contredisais AlainX qui repprochait au téléthon de ne présenter que des corps lisses, calibrés, présentables. Bon, soit, on veut montrer que les enfants malades ne sont pas des monstres, mais bien des gamins qui ressemblent à tous les autres. Pouvoir s'identifier c'est essentiel.

 

Mais ensuite on repproche aussi au téléthon de jouer sur le côté spectaculaire, à montrer les plus atteints, à zoomer sur les appareillages lourds qui font peur, tuyaux et autres engins de torture, focaliser sur la douleur... Ok, bien sûr on en montre beaucoup, mais en même temps merde, l'émission est là pour ça, pour montrer et expliquer la maladie sous tous ses aspects. Ce ne sont pas des mises en scène, nos vies c'est quand même ça aussi.

 

Là où on repproche au téléthon de ne montrer que le plus triste, j'entends des parents qui ont perdu leur(s) enfant, s'écrier « et pourquoi on parle pas de nos enfants, la maladie c'est aussi la mort, c'est pas un monde de bisounours ! »... C'est vrai.

 

Et puis moi, de mon côté, je vois aussi le téléthon comme un formidable moyen de changer le regard sur les handicapés. Alors je me réjouis de voir des gens malades témoigner de leur réussite, de leurs études, de leurs amours, etc... Mais en même temps, je suis consciente que cette émission ne doit pas faire croire que « le handicap c'est trop bien, nos vies sont super, ne changez rien ! »...

 

Alors voilà, c'est parfois trop, parfois pas assez... Chaque attitude a ses défauts. La tâche est énorme, et n'a sûrement pas de réponse unique. Alors moi je dis, ce compromis n'est pas si mal que ça, bravo en tous cas à ceux qui essayent de faire au mieux. :-)

 

par Céline à 22h41
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Vendredi 7 décembre 2007

Marie m'a demandé « Une question : Téléthon, 30 heures pour y penser, 363 jours et 18 heures pour oublier, je voudrais avoir ton avis avisé ! De quoi faire un article non ? »

 

Probablement oui. J'ai déjà dû l'évoquer quelque part, mais nul n'est censé connaître par coeur toutes mes archives, et au pire je ne le dirai peut-être pas de la même façon.

 

2 jours pour y penser, 363 pour oublier (oui j'arrondis ^^) ?

Hé bien oui, et ça me va bien comme équation !

 

Je serais bien égocentrique de vouloir que l'humanité pense à mon problème chaque jour. Et puis surtout, honnêtement, qu'est ce que ça me saoulerait !!!

 

Attends, soyons clair, là je ne parle pas de quelqu'un qui allumerait la télé 5 minutes, se dirait « oh les pov's enfants », ferait un gros chèque, puis éteindrait la télé, serein, avant de nous regarder de travers, dès le lendemain matin, dans la rue. Il y en a probablement, des comme ça, mais ceux-là ne m'intéressent pas. Quoique, si ils banquent c'est toujours ça de pris ! ^^

 

Moi je pense plutôt à l'être humain de base. Qui n'a pas forcément de handicapé dans son entourage proche. Pendant 30h on lui en sert sur un plateau (dans tous les sens du terme ^^). On lui explique le handicap, ses origines, ses conséquences, et en même temps tous les domaines sur lesquels le handicap n'a pas prise. Oui, regarde ce malade qui vit, qui rit, qui étudie, qui travaillie (oui y a un i en trop mais c'était pour la rime ^^). C'est d'un être humain dont on parle, pas un gros con, donc il est touché. Il découvre un univers, compare avec le sien, cogite un peu. Et puis le lendemain, dans la rue, rien n'aura fondamentalement changé. Mais mon être humain, en me croisant, n'aura pas le poids de l'ignorance et donc de la peur, et ça, ça se sent. Et finalement ça change beaucoup.

 

Je pense mon entourage aussi. Mes proches ne me considèrent absolument pas comme étant handicapée (encore heureux !). Pendant le téléthon, je prends comme une trahison qu'ils ne regardent pas le téléthon, parce que c'est cette part de ma vie quand même énorme, que j'mtouffe toute l'année, et qui ne demande que ces quelques heures pour s'exprimer. (En même temps, je leur en veux pas longtemps si ils zappent hein, je les comprends bien ;-))

 

Pour être honnête, moi aussi j'y pense pendant 30h, et oublie le reste de l'année.

Bien sûr je ne peux pas tout oublier, la maladie ne se met pas dans un coin du corps, comme dans un coin de la tête. Mais ce que j'oublie c'est le côté négatif et « extraordinaire » de toutes ces contraintes quotidiennes. Je les vis en les intégrant naturellement à une vie que je considère comme tout à fait ordinaire. Et pendant 30h, au tintement de ce générique, je prends conscience de plein de choses. Ca peut paraître ridicule à dire, comme ça, mais je suis pas plus maline que l'humain lambda moi, je me dis ohlala, les povs choux, c'est pas facile leur vie quand même, et pourtant ils s'en sortent ! Et puis merde, j'ai aussi ce genre de contraintes. Du coup je m'en sors peut-être pas si mal !

Vivre avec l'esprit valide, des objectifs équivalents à ceux des valides, c'est essentiel, c'est vital. Une fois par an, se dire « finalement j'ai peut-être un peu de mérite quand même », c'est vital aussi. Réaliser que mes journées, même si elles ne sont pas remplies de soins, sont quand même dictées par le handicap. Parce que rien ne se fait rapidement, se lever le matin, au plus vite, prend 1/2h, pas moyen de « sauter dans ses vêtements » en 5mn en cas de retard. Parce que boire implique de s'installer à table, se faire ravancer un bras puis l'autre, et déposer le verre en équilibre. Peu de choses se font sans y penser, en faisant autre chose. Parce que se dire « tiens je vais poser mon playmobil là, sans demander à mon assistante, autonome ! » implique de décomposer chaque mouvement, de faire une pause entre chaque geste, et de finalement, mettre 1/4h au lieu de 2 secondes ½.

Ca implique aussi des petites victoires quotidiennes, là où chacun ne voit que normalité, banalité, mais une fois par an, je me pose, et je prends conscience que chaque objectif réalisé de ma vie n'en est que plus beau. Chaque objectif échoué me déçoit infiniment. Mais une fois par an, je me dis que finalement, j'ai bien des raisons d'échouer de temps en temps.

Alors le 9 décembre, et pour 363 jours, j'oublierai, et je m'imposerai des objectifs, l'air de rien, de valides. Parce qu'il le faut. Pendant 30h, j'y pense.

 

Faisez comme moi, pendant 30h, pensez-y, faites l'effort d'y penser pour de vrai je veux dire. Et après, vite, je vous en supplie, oubliez !

par Céline à 21h40
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Vendredi 7 décembre 2007
Ca y est, le générique a retenti. Quelques notes, et une réaction épidermique qui démarre en flèche. C'est tout con mais c'est comme ça.

Alors ici aussi, tadam tadam (ceci est un générique, tremblez) c'est parti !

A la télé on va vous raconter plein de choses, mais peut-être pas celles que vous auriez voulu savoir.

Parce que le téléthon c'est fait pour l'argent, pour la recherche, mais aussi pour l'information. Pour faire de la maladie autre chose qu'une caste intouchable. Et parce que rien ne vaut le contact direct (virtuel soit, mais euh, bon ! ^^).

Toute l'année je suis là pour répondre à vos questions, mais pendant 30h, particulièrement, je suis là en live pour répondre à toutes vos questions. En commentaire pour les plus sommaires, et en développant ma réponse en article quand ça s'imposera.

A vos questions, je vous attends !
par Céline à 18h50
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Souriez !

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