Espace blabla



(mais en vrai j'ai un peu grandi, hein...)

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Dimanche 11 décembre 2005

J'ai pas l'habitude de faire une liste au Père Noël ou à quiconque, au grand dam de mon entourage parfois. J'ai toujours dit que, qui m'offrira un "cheque cadeau" le bouffera, faire un cadeau, c'est faire un choix, na ! Oui mais voilà, là j'ai trop besoin de trop de choses, alors cette année, je fais ma liste au Père Noël.

- 2h supplémentaires par jour pour dormir (et des jolis rêves siouplé)
- 2h pour lire (parce que mes livres me font de l'oeil, il me faut une force surhumaine pour leur résister)
- 3h pour écrire. (Aux gens, sur mon blog, et plus si affinités)
- 1h pour travailler (et ne pas tout faire à l'arrache, au dernier moment, genre 1/2h avant le cours)
- 1h pour me cuisiner des trucs bons (et accessoirement prendre le temps de remplir le frigo, marre d'alterner sandwichs et surgelés)
- 2h de quartier libre, pour diverses sorties.
- Bon avec tout ça je vais être un peu HS moi, on va rajouter 1h de someil en fait !
- Le tout évidemment, entièrement modulable en fonction de l'humeur, l'actualité, la météo...

Voilà, avec tout ça je devrais pouvoir me refaire une santé, et une vie sociale ! Merci Père Noël !!!... Quoi ? C'est quoi cette tête que tu tires là ?... Ok, t'es même pas cap', c'est ça ?... Pfff...
Allez on efface tout et on recommence :

- 1 tube de vitamines diverses, pour tenir le coup...

Merci Père Noël...

par Céline à 20h40
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Samedi 10 décembre 2005
Bon sang ça grouille de vieux types barbus en pyjamas rouges dans les rues de Nancy. Je pense qu'ils reviennent des vendanges, parce qu'ils ont des grosses hottes sur le dos, et puis vu la façon dont ils abordent les passants, je les soupçonne de ne pas être tout à fait à jeûn...
Mais ça ne nous dit pas pour autant qui c'est ces vieux ? Non non, c'est pas si simple que ça : Père-noël, Saint-Nicolas, Père Fouettard ?...
Bon, le Père Fouettard, y a peu de chance : déjà il est méchant, en noir, et il a pas de hotte mais un fouet... Et puis il a trop à faire avec les sales gosses, il ne perdrait pas son temps avec moi !
Mais entre Père Noël et Saint Nicolas, c'est vraiment pas gagné... Quoi ? Vous ne connaissez pas le Saint Nicolas ?!
Ah mais oui, c'est que dans l'est, les enfants vivent un gros dilemme ! Dans le temps, c'était facile, y avait que le Saint Nicolas qui gâtait les petiots («oh une orange, comme l'année dernière, merveilleux, merci Saint Nicolas !!!»). Maintenant, c'est pareil, sauf que c'est le contraire (euh...), le Père Noël squatte le devant de la scène. («Putain, j'vais lui niquer sa race au Daran Welno, je voulais une console Xbox 360, et il m'a refilé une pauvre Game Cube, ç'fait trop pitié !!!»)
Mais de mon temps (aïe, mes rhumatismes...), je vivais une période de transitions.
« Avant, c'était le Saint Nicolas qui apportait les cadeaux. Mais des fois c'est aussi le Père Noël. Tu vois ils s'arrangent entre eux, comme ils peuvent pas en apporter tous les deux, ils se relayent. Chez Mamy c'est le Saint-Nicolas qui passe, et chez nous ça sera le Père Noël. »
Ah ouais... Alors le jour de noël, on fête la naissance du Père Noël ?... « Ah non non, c'est autre chose, Dieu, Jésus, la religion et tout ça. Le Père noël il vient pour rendre les enfants heureux parce que c'est la fête ».
Ah ouais... Alors donc le Saint Nicolas c'est un genre de tonton de Jésus ? « Ah non ça c'est pas pareil, c'est le boucher, les petits enfants dans le saloir,... »
Bon laisse tomber maman, on va dire que j'y crois pas, ça sera mieux pour tout le monde, tu t'enfonces là !!!

Allez, incultes que vous êtes, vous rêvez que je vous raconte l'histoire sanguinaire de Saint Nicolas, hein ? (Je voulais le faire mardi, le 6, et puis voilà, mon emploi du temps étant ce qu'il est...)

Voilà l'authentique :

« LEGENDE DE SAINT-NICOLAS »

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (glâner : butiner, cueillir, engranger, picorer, puiser, ramasser, récolter, bref en gros les mômes étaient exploités par les parents !)


Tant sont allés, tant sont venus, (« je vais et je viens, entre tes reins »... Non pardon, hors-sujet)
Que sur le soir se sont perdus ; (C'est malin ça, et votre boussole elle est où, hein ?)
S'en sont allés chez le boucher :
"Boucher, voudrais tu nous loger ?" (Euh, si vous voyiez les illustrations enfantines, c'est pas super judicieux d'aller squatter chez ce boucher sanguinaire !)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.


"Allez-vous-en les garnements
Nous avons trop d'empêchements."(Et pas très accueillant en plus...)
Mais sa femm' qu'était derrièr' lui
Bien vite le gourmandit. (Oh elle le « gourmandit » ! J'adore ce mot ! C'est beaucoup plus mignon que le « arrête tes conneries gaston » dont elle dut le secouer)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (Euh c'est bon je pense qu'on a compris ça)


"Pour sûr, dit-ell', qu'ils ont d'l'argent.
Nous en serons riches d'autant ! (Ah la femme est cupide, ce n'est pas une nouveauté)
Entrez, entrez, mes beaux enfants, (Et faussement flatteuse, dans l'ordre des choses quoi...)
Y a d'la place assurémment !"

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (c'est bon enchaînez les mômes)

Ils n'étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués ! (Héhé, je vous l'avais bien dit que c'était pas une bonne idée !)
Les a coupés en p'tits morceaux, (Limite barbare quand même)
Mis au saloir comme pourceaux (Mais qu'a le sens des affaires, «ça peut toujours servir»)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (ARRETE avec ta voix de crécelle gamin !!!)


Saint Nicolas, au bout d'sept ans, (Les miracles, ça existe ! Seulement faut être patient et prendre rendez-vous 7 ans plus tôt)
Vint à passer dedans ce champs.
Alla frapper chez le boucher :
"Boucher, voudrais-tu me loger ?" (Purée, ça sert donc à rien que je vous prévienne qu'il est louche, ce type, alors ?!)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (No comment, zen, soyons zen...)


"- Entrez, entrez, Saint Nicolas, (Ah il était connu, c'était un peu genre une star à son époque, un Mat Pokora antique)
Y a d'la place, y n'en manque pas !" (Ben oui, t'as dû bouffer ta femme pour faire de la place. M'enfin c'était une garce, pov boucher on te comprend...)
Il n'était pas sitôt entré
Qu'il a demandé à souper. (Ah le petit coquinou est gourmand !)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (Argh)


"- Voulez-vous un morceau d'jambon ?
- Je n'en veux point, il n'est point bon... (Mais il est difficile ! Une vraie star, je vous dis !)
- Voulez-vous mieux un' tranche de veau ?
- Tu ris de moi, il n'est point beau !" (Bon sang je l'inviterais pas chez moi si c'est comme ça, na !)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

"- Du p'tit salé je veux avoir
Qu'y a sept ans qu'est au saloir." (Aaaah, plus futé qu'on ne croyait en fait ! C'est comme le petit doigt, il sait tout !)
Quand le boucher entendit ça,
Hors de sa porte il s'enfuya. (Pleutre)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (Mais c'est vous les glands, arrêtez à la fin!!!)

"- Boucher, boucher, ne t'enfuis pas
Repens-toi, Dieu t'pardonnera." (Y a de l'espoir, il est bien bon ce Dieu quand même... Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil)
Saint Nicolas alla s'asseoir
Dessus le bord de ce saloir. (Besoin de son saint postérieur pour accomplir son oeuvre peut-être ?)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs.

"- Petits enfants qui dormez là,
Je suis le grand Saint Nicolas !" (Une star j'vous dis, c'est lamentable...)
Et le saint étendit trois doigts... (Ridicule)
Les p'tits se lèvent tous les trois ! (Ok respect...)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs
.

Le premier dit : "J'ai bien dormi !"
Le second dit : "Et moi aussi !" (Hé ben c'est fini la sieste, tu vas retourner trimer un peu au champ pour nourrir tes parents !)
A ajouté le plus petit :
"Je croyais être en Paradis !" (Te voilà de retour en enfer, dis merci à Nico !)

Ils étaient trois petits enfants
Qui s'en allaient glaner aux champs. (Non non j'dis plus rien...)


Audioblog : ... Non sans blague, vous avez deviné ? ;-)
Edit : Ah oui mais pour une raison technique indépendante de ma volonté (ben oui), faudra revenir demain pour entendre ce doux refrain ! Avec les excuses de la prod..

par Céline à 22h59
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Samedi 3 décembre 2005
Il y a une chanson qui traduit assez bien cette idée de défi à relever, que j'évoquais dans l'article précédent. Elle me dopait pas mal quand j'étais gamine, et il m'arrive encore de la réécouter, elle a toujours ce petit effet vitaminé en cas de baisse de forme.
Je regrette un peu son côté ritournelle légèrement kitsh :-) mais l'esprit est là. Alors je vous copie les paroles, et vous laisse écouter ça dans l'audioblog.



C'est ta chance
(Jean-Jacques Goldman)


Il faudra que tu sois douce
Et solitaire aussi
Il te faudra gagner pouce à pouce
Les oublis de la vie
Oh, tu seras jamais la reine du bal
Vers qui se tournent les yeux éblouis
Pour que tu sois belle, il faudra que tu le deviennes
Puisque tu n'es pas née jolie

Il faudra que tu apprennes
A perdre, à encaisser
Tout ce que le sort ne t'a pas donné
Tu le prendras toi-même
Oh, rien ne sera jamais facile
Il y aura des moments maudits
Oui, mais chaque victoire ne sera que la tienne
Et toi seule en sauras le prix

C'est ta chance, le cadeau de ta naissance
Y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance
Qui te lance et te soutient
C'est ta chance, ton appétit, ton essence
La blessure où tu viendras puiser la force et l'impertinence
Qui t'avance un peu plus loin

Toi, t'es pas très catholique
Et t'as une drôle de peau
Chez toi, les fées soi-disant magiques
Ont loupé ton berceau
Oh, tu seras jamais notaire
Pas de privilège hérité
Et si t'as pas les papiers pour être fonctionnaire
Tout seul, apprends à fonctionner

C'est ta chance, ta force, ta dissonance
Faudra remplacer tous les "pas de chance" par de l'intelligence
C'est ta chance, pas le choix
C'est ta chance, ta source, ta dissidence
Toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d'evidence
Ta puissance naîtra là

C'est ta chance, le cadeau de ta naissance
Y a tant d'envies, tant de rêves qui naissent d'une vraie souffrance
Qui te lance et te soutient
C'est ta chance, ton appétit, ton essence
La blessure où ti viendras puiser la force et l'impertinence
Qui t'avance un peu plus loin



Ah oui, juste un bémol. Un jour j'ai entendu monsieur Goldman commenter cette chanson, je buvais ses paroles... Jusqu'à ce qu'il précise, gêné : « oh je ne parle pas de problèmes très sérieux hein, bien sûr, je pense juste à une jambe cassé, ou un petit défaut physique ! Les grosses souffrances, c'est autre chose, je n'oserais pas... »
Pfff moi qui pensais que tu avais tout compris, Jean-Jacques, voilà que tu « n'oses pas » ?...
C'est pourtant bien là que cette chanson fait sens !


par Céline à 16h09
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Samedi 3 décembre 2005
C'est parti pour 30 heures de direct, pour informer et solliciter le citoyen. Comme chaque année à cette époque, le téléthon revient. Oui, pour les distraits ou les nouveaux, je rappelle que je suis concernée, car atteinte d'une amyotrophie spinale infantile (Ou ASI, ou SMA, c'est dingue tous les petits mots doux qu'on peut lui trouver ! :-)). Bon, je ne vais pas recommencer tout ça : ma maladie, ma vision du téléthon, j'en avais fait un speech l'année dernière, et je ne crois pas trop avoir changé d'avis, allez donc relire ça si vous êtes perdus.

Non, ce qui m'inspire un billet ce soir, c'est autre chose. J'ai écouté le lancement, et ce jeune, Julien qui est promu cette année « mascotte » du Téléthon. Waouh, c'te classe, je l'envierais presque. J'ai dit presque, hein ?! Non mais je déconnais, arrêtez ! Bref, on se reconcentre.
Il a une bonne bouille ce jeune, il s'exprime pas trop mal et il a des idées. Il a sa philosophie (emprunte de Japon) à laquelle s'accrocher, et c'est chouette. C'est vraiment chouette pour lui, c'est juste que je ne la partage PAS DU TOUT sa philosophie ! :-D Le problème c'est que c'est cette idéologie (ah les grands mots !) qui va être transmise au public cette année. Remarquez c'est pas vraiment nouveau, ça fait longtemps que j'entends ces termes, mais là c'est encore plus marqué. (J'y viens, j'y viens !)
 


Cette année le slogan c'est « Toi et moi en guerre contre la maladie »
Qui ? Moi ? Ou toi ? Ah les deux ?
Ben non merde, faites l'amour, pas la guerre !
Non, je le concède, « faire l'amour à la maladie » c'est une idée assez particulière... Quoique.

Il paraît qu'il faut la combattre, l'exterminer, qu'on est des guerriers, des combattants... Bouuuh mais c'est quoi cette histoire ?
Combattre la maladie... Je comprends pas cette image. La maladie, ce n'est pas une bête qui rode autour de moi, qui plane au dessus de moi. Non elle est EN moi, elle est en partie moi, elle a contribué à me faire. Quelle personne serai-je sans elle ? Peut-être ni pire ni meilleure, mais une autre, c'est sûr.
Alors qu'on ne se méprenne pas, m'en débarrasser, j'adorerais, bien sûr ! Ou en tout cas, l'empêcher de grignotter un peu plus de terrain encore. Mettre le hola me conviendrait déjà amplement.
Mais mener une GUERRE contre ma maladie ? Ca serait comme me planter une épée dans le bide, Hara Kiri puisque Julien aime cette culture. Ou un genre de cancer, les cellules attaquant leur propre corps... Non merde, j'ai ma dose, pas un cancer en plus ! :-)

J'arrive pas à scinder aussi nettement « moi » et « la maladie ». Je ne suis pas une suite de facettes, je suis un tout.

Ca me fait penser à ces gens, malades ou proches, qui disent « refuser » la maladie.
C'est un peu facile ça ! On se renferme sur soi, on arrête d'avancer sous pretexte qu'on ne « veut pas » ! Qu'accepter serait se résigner !
Je suis navrée de leur dire que c'est tout le contraire ! C'est aller de l'avant ! Puisque de toutes façons on a pas le choix. Les cartes de départs sont ce qu'elles sont, bonnes ou mauvaises faut faire avec. Y a pas moyen de piocher ! Comme dit l'adage, si on sait bien jouer, on peut faire des merveilles avec un mauvais jeu de départ ! Le tout est de savoir les exploiter comme il faut.
Et puis vient un moment où ces gens là doivent « accepter » la maladie... Mais moi je serais curieuse de savoir QUI leur a posé la question. Sur quelle feuille ils doivent cocher « j'accepte » ou « je refuse ». Un VRP, débarque un jour chez eux ? « Bonjour monsieur, j'ai une galère à vous vendre, ça va vous couter très cher, vous allez dépérir puis mourir, je vous le conseille vivement, mais vous n'êtes pas obligé de me répondre tout de suite, prenez le temps avant de refuser ou d'accepter ! » Personnellement ça n'a pas été le cas. Alors je fais avec, point !

Je n'ai pas de colère en ce qui concerne ma situation. Aucune. J'ai franchement pas d'énergie à perdre avec ça !
Ca me rappelle une émission récente. Un homme était handicapé. Sa femme disait « je ne lui montre pas que je suis en colère contre sa maladie, mais il le sait peut-être ». Et Salwa me dit « ben oui, évidemment hein ! »... comme si la colère était inévitable... Ben non, pas chez moi ! La colère ne sert tellement à rien, c'est un boulet bien inutile...
De la rage oui. Mais uniquement une rage qui me pousse en avant. Une rage de vivre, de vivre bien, mieux que prévu. C'est ça « accepter », c'est quand le vent nous pousse en avant, pas quand le nuage noir de la colère nous surplombe constamment. Et ça, c'est un moteur incroyablement positif.
Je ne combats CONTRE rien, ni personne. Si je lutte, c'est POUR un but.

Non, ma vie n'est pas un champ de bataille, mon quotidien n'est pas une guerre, et par conséquent je ne suis pas « courageuse » (merci !).
Ma vie, c'est un défi. Avec et pour moi même. Un défi qui me tire vers le haut. Rien d'autre.
 
Je ne sais pas si la nuance est claire, pour moi elle est essentielle.


Alors cette guerre contre la maladie, faites-la donc, moi je déserte !
 



Audioblog :... Le déserteur, de Boris Vian ! :-)
par Céline à 11h43
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